Les anciens du régime se recyclent : Qui sont les quatorze personnalités qui « s’opposent » à Bouteflika ?

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Abdelaziz Bouteflika
Abdelaziz Bouteflika

ALGÉRIE (Tamurt) – Paradoxalement, ce ne sont pas d’anciens et vieux routiers du combat pour la démocratie, les libertés individuelles et l’alternance au pouvoir qui prennent l’initiative de s’opposer à ce que Abdelaziz Bouteflika brigue un cinquième mandat. Contre toute logique, les quatorze personnalités ou du moins une bonne partie d’entre elles sont des anciens très hauts responsables du régime politique algérien. Une fois éjectés par le clan de Bouteflika ou par les détenteurs du pouvoir tout simplement, pour une raison ou une autre, ces derniers semblent avoir rasé les mûrs pendant très longtemps tout en nourrissant en leur for intérieur un besoin irrépressible de vengeance car, tout comme Abdelaziz Bouteflika, ils auraient aimé ne jamais quitter le poste qu’ils occupaient et le pouvoir ou les pouvoirs qu’ils leurs conféraient.

Pour n’en citer que quelques uns, commençons par Ahmed Benbitour. Ce dernier a été nommé par le même Abdelaziz Bouteflika, qu’il vilipende aujourd’hui, Premier ministre du gouvernement algérien. Avant l’arrivée de Ali Benflis, c’est Ahmed Benbitour qui a été choisi par Bouteflika. Les deux hommes finissent par divorcer pour des questions évidentes d’intérêts divergents. Avant cela, il ne faut pas oublier que le même Benbitour fut plusieurs fois ministre durant les années quatre-vingt-dix (de 1992 à 1996). Ali Benouari, un autre signataire de la pétition contre Bouteflika est un enfant du système. Il était, entre autres, ministre sous le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali. Idem pour l’écrivain Yasmina Khadra, un ancien commandant de l’ANP (armée algérienne), nommé plus tard par le même Abdelaziz Bouteflika, directeur du Centre culturel algérien à Paris.

Avant que Bouteflika ne le limoge de ce poste en mai 2014 par décret présidentiel. Un poste qu’il occupait depuis 2007. D’autres signataires ne pèsent pratiquement rien dans la société à l’instar de Sofiane Djilali, un transfuge du parti islamiste modéré le PRA (Parti du Renouveau Algérien) abandonné par son fondateur, également ancien ministre sous Bouteflika, à savoir, le Bennabiste : Nourredine Boukrouh. Sofiane Djilali passe son temps à brasser du vent et à profiter des généreux espaces que lui offrent certains journaux pour déverser sa littérature stérile. Cet appel aurait eu une certaine crédibilité s’il avait été lancé par des personnalités qui se sont, depuis toujours, opposé à Bouteflika.

Une seule question peut être posée à toutes ces personnalités : en 2001, lors du carnage en Kabylie au moment des événements du printemps noir, ont-ils fait une seule déclaration pour dénoncer la répression qui s’abattait sur les kabyles ? Une autre question : quelle est la différence entre Abdelaziz Bouteflika et eux ?

Tarik Haddouche