Les At Argane défient les autorités et sortent de l’isolement

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TUVIRETT (Tamurt) – La communauté de l’arch des At Argane dans la Commune d’Agouni Gueghrane s’est lancée dans un défi de réaliser une route depuis leur village vers la Commune de Haizer via le mont Djurdjura, en dépit des interdictions formelles opposées par le Parc National du Djurdjura (PND) qui constitue une épine dorsale depuis les années quatre vingts pour la réalisation de cette route traversant le Djurdjura et reliant les populations de Tizi Ouzou avec les population kabylophones de Bouira.

Ainsi donc, les citoyens des At Argane se sont mobilisés sur tous les plans afin de réaliser cette route aux retombées économiques conséquentes pour les régions kabyles de Tizi Ouzou et Bouira.

Pendant des années les représentants de la communauté des At Argane se décarcassent auprès des autorités algériennes à tous les niveaux institutionnels pour trouver une voie légale, mais en vain, et ce, afin d’inscrire ce projet de développement et epargner à Tizi et Tuvirett des voies de communications détournées et trop longues en termes de distances.

La population des At Argane a relevé le défi d’auto-réaliser cette route avec ses propres moyens sans aucune assistance des autorités publiques algériennes.

Déterminés, à l’image des anciens pionniers de la Kabylie, les At Argane sont arrivés sans encombre à faire communiquer par un tronson de 8 kilometres, via le mont Djurdjura, la région de Tizi Ouzou à la région de Bouira. Le pragmatisme, l’abnégation, la mobilisation et le volontariat des citoyens ont fait le reste.

Les tergiversations des autorités algériennes face à la problèmatique posée à maintes reprises auprès des services techniques par les représentants des citoyens des At Argane ont toujours eu des fins non-recevoir par les autorités politiques en raison, dit-on, des considérations politiciennes visant à marginaliser et à séparer territorialement et culturellement les Kabyles de Bouira de ceux de Tizi Ouzou.

Ravah Amokrane