Les attaques visent toute la région de Kabylie : Quand la radio algérienne insulte Aït Ahmed

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KABYLIE (Tamurt) – La journaliste, apparemment rompue aux traditions de lynchages des opposants au régime, notamment les Kabyles, a tout bonnement comparé la durée de la présidence de Aït Ahmed à la tête du FFS à celui d’El Kadhafi. Ironie de l’histoire ou simple calcul politicien, Aït Ahmed, ce monument de l’Histoire algérienne, s’est retrouvé traîné dans la boue par une journaliste aux ordres d’un média public algérien. Pourtant, Bouteflika a fait voter une loi interdisant l’atteinte aux figures historiques algériennes.

Au moment où Messali Hadj, fondateur du MNA, parti allié du colonialisme, responsable de l’assassinat de plusieurs militants du FLN en France est réhabilité par ce même Bouteflika, pour des raisons bien connues – ils sont du même patelin -, Aït Ahmed se fait insulter sur une radio qui diffuse sur tout le bassin méditerranéen.

Göbbels rougirait devant ces pratiques sournoises et criminelles d’un pouvoir aux abois. Mêmes les médias de l’ex- URSS n’ont pas atteint ce degré de manipulation de l’Histoire, eux qui avaient brillé par une fermeture exclusive de tout espace de libre débat. Mais dans notre cas, il ne s’agit pas de la libre expression sur une radio publique, que cette même journaliste n’oserait même pas réclamer à ses chefs, mais du zèle avec lequel, elle prend position.

Après avoir réduit son rôle lors de la conférence de Bandung, qui a eu lieu en 1955 en Indonésie qui marqua l’entrée sur la scène internationale des pays du Tiers monde qui choisirent le non-alignement, et après l’avoir traité d’allié des Marocains, Aït Ahmed est visé de partout, pour la seule et unique raison qu’il est Kabyle !

Ni lui, ni Amirouche, ni Abane, ni Krim, ne trouveront grâce aux yeux des Arabo-algériens, tant que la région n’a pas accédé à son autonomie pour défendre ses enfants qui se sont sacrifiés pour l’Algérie et qui continuent à le faire.

Aït Ahmed n’est pas visé uniquement parce qu’il incarne une opposition frontale au pouvoir de militaires, mais il est la cible d’une entreprise sournoise faite d’antikabylisme et de régionalisme, approuvée par un pouvoir dont la quasi-majorité des responsables sont issus d’une même région, à savoir Tlemcen.
Mais comment Ben Bella, qui évoque ses origines marocaines, Ben Salah, naturalisé algérien en 1966, peuvent-ils s’attaquer à des Algériens de souches, même s’ils étaient harkis?