Les chanteurs qui ont sucé l’ONDA seront-ils jugés ?

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ONDA
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ALGERIE (TAMURT) – Après le limogeage de Samy Benchikh, le très puissant directeur général de l’Office National des Droits d’Auteurs et des Droits Voisins (ONDA), une enquête sera-t-elle enfin ouverte concernant les milliards de dinars dépensés par l’ONDA tout au long du règne de Abdelaziz Bouteflika ?

La question est plus que jamais d’actualité. En effet, depuis l’installation de Benchikh à la tête de l’ONDA, cet office est devenu un véritable trésor avec lequel le clan d’Abdelaziz Bouteflika se permettait d’acheter les chanteurs, les artistes et les écrivains les plus enclins à la servilité. Il suffisait de mettre le prix qu’il fallait selon la popularité et l’aura dont bénéficiait chacun des artistes convoités. Après quoi, la contre partie consiste à observer le silence devant tous les dépassements dont faisait preuve le clan présidentiel quand bien même Bouteflika insulterait les kabyles, les tuerait avec les balles des gendarmes ou encore ferait de l’Algérie une terre arabe comme le stipule la dernière Constitution de 2016 sans que la majorité des artistes ne lève le petit doigt. Il fallait aussi, en guise de contre partie aux milliards reçus, via l’ONDA, dont le directeur (le même Benchikh démis suite au drame survenu après le concert donné par le chanteur Solking à Alger jeudi dernier) était vénéré par les artistes de services, ces derniers devaient aussi accepter de se produire devant une première rangée formée de ministres et de représentants du FLN dont le sinistre ancien ministre de la Jeunesse et des Sports et kabyle de service El Hadi Ould Ali.

Il fallait aussi applaudir Bouteflika même quand ce dernier traitait et qualifiait les kabyles de nains (les enregistrements vidéo disponibles sur Internet faisant foi). Des sommes astronomiques ont été dépensées par l’ONDA durant le règne de Samy Benchikh qui n’est plus directeur de cet office depuis vendredi dernier. Le peuple algérien connaitra-t-il enfin les détails du dossier de l’ONDA ou le pouvoir algérien préférera t-il en faire l’impasse pour ne pas dévoiler le nombre de milliards de dinars que les artistes qui aiment se servir à tous les râteliers ont mis dans leurs caisses durant l’époque, tant décriée, de Bouteflika ?

Tarik Haddouche

1 COMMENTAIRE

  1. Dans une société où la corruption est généralisée, où l’on pense que tout se vend et tout s’achète et qu’il suffit de mettre le prix, il est difficile de ne pas se laisser entrainer par le courant. Un tel socle socioculturel favorisera une « éducation » qui mettra en valeur les gens avides, cupides, mensongers, trompeurs, imposteurs, égoïstes, voleurs, hypocrites, manipulateurs, corrupteurs et corrompus. Seuls y échapperont les gens qui ont des valeurs en sachant qu’une valeur, ça n’a pas de prix. Ceux-là se font de plus en plus rares malheureusement.
    Concernant le contexte algérien, il faut rajouter le fait qu’il s’agit d’un système maffieux qui utilise à la fois la corruption (carotte) et le racket (bâton), bref, ils ne vous laissent souvent aucun choix en dehors de la précarité ou de l’exil (quand c’est possible).

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