Les enseignants ont marché à Tizi Ouzou

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Marche des enseignants
Marche des enseignants

KABYLIE (TAMURT) – Après avoir été réprimés de manière brutale, lundi dernier lors d’une marche nationale qu’ils avaient organisée dans la capitale Alger, les enseignants exerçant dans le cycle primaire de toutes les wilayas d’Algérie ont réussi à manifester librement dans la ville de Tizi Ouzou, hier lundi 9 mars 2020.

Les enseignants du cycle primaire qui ne cessent d’observer des grèves cycliques depuis le mois d’octobre passé ont réussi enfin à organiser une marche en choisissant Tizi Ouzou, une ville où il est plus facile de manifester que dans la capitale. Hier donc la ville de Tizi Ouzou a accueilli des milliers d’enseignantes et d’enseignants venus de plusieurs wilayas algériennes pour exprimer leur ras-le-bol après des mois de protestation n’ayant abouti à la satisfaction d’aucune de leurs revendications. Les enseignantes et les enseignants ont parcouru pacifiquement les artères principales de la ville de Tizi Ouzou comme les boulevard Lamali-Ahmed et Abane-Ramdane. Les enseignants ont brandi plusieurs banderoles où sont exprimées leurs principales revendications dont l’exigence d’un véritable statut digne de ce nom à tous les enseignants qui exercent dans le cycle primaire.

Les concernés revendiquent aussi la limitation de leur mission dans les établissements scolaires à tout ce qui a trait à la pédagogie. Ils veulent ainsi être dispensés de la « garde » des élèves durant les heures creuses en exigeant, comme alternative, le recrutement d’adjoints de l’éducation comme cela est le cas dans les collèges et les lycées. L’allègement des programmes constitue aussi l’une des revendications principales des enseignants des écoles primaires qui ont manifesté dans la ville de Tizi Ouzou hier. Parallèlement à cette marche, une grève générale a paralysé hier une grande partie des écoles primaires.

Tarik Haddouche

4 COMMENTAIRES

  1. Les enseignants Kabyles assistent tous les jours que Dieu fait à la déchéance que subissent les enfants de Kabylie. Les écoliers Kabyles sont les seuls au monde à faire leur scolarité dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle ! Comment accepter que nos enfants subissent ce comportement contre nature ? Pourquoi les petits Lituaniens font apprennent leurs leçons dans la langue de leur mère et pas les petits Kabyles ?

    Les enseignants Kabyles voient tous les jours les collégiens et lycéens Kabyles suivre des cours d’Histoire, de sciences, de maths et de physique en langue arabe au lieu et place de la langue Kabyle. Quelle autre revendication doivent occuper l’esprit de ces enseignants si ce n’est la revendication de la dignité ?

  2. une école qui déconstruit la personnalité Kabyle en arabisant l’archetype est un levier d’occupation. La combinaison de l’école qui distille la langue et la TV qui codifie le territoire font que au bout d’une génération le Cheval de Troie pourra se dire avoir vaincu les Berbères de leurs propres ressources. Paradoxalement jusqu’ici ceux qui n’avaient aucune scolarité avaient un substrat culturel dense et en lien à la vision ancestrale, ce qui est en déconstruction malheureusement. Le Hirak en cela est un support au régime, il se revendique de l’arabisation acquise- disent ils-, mais en réalité c’est un haut les mains qui est brandi. Accepter un fait accompli par paresse est une autre preuve que l’on a pas de classe dirigeante mais juste l’expression de la volonté de faire dans la « normalité », plus un symptome qu’une solution pensée. Ce n’est qu’à partir de notre etre profond que l’on fait de sursaut, s’attendre du régime la promotion de cette dynamique est un leurre. Le régime a besoin d’arabisation parcequ’il sait que si le pays retrouvait sa vision le citoyen redeviendrait central et le pouvoir sera subordonné, c’est cela la révolution silencieuse que le régime a refusé en 57 au Caire en 63 en Kabylie en 2001 avec la plateforme du mouvement citoyen et en 2020 en feignant une élection où pas un seul Kabyle n’a voté.

  3. Quand l’école publique est gangrènée par l’apprentissage coranique, sous le regard complaisant des autorités et l’immobilisme complice des kabyles, ça donne des maîtresses d’école et des écolieres voilées, qui font la prière en classe au lieu de s’instruire. Et peu à peu toutes les matières sont (mal) enseignées qu’en arabe. L’académie tombe sous le contrôle des islamistes, et l’école publique à vocation laïque devient une école coranique, où les petits garçons apprennent à devenir des barbus.

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