Les fadaises et fariboles de l’ex-président Chadli Bendjedid

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CONTRIBUTION (Tamurt) – Toujours selon ce quotidien d’information à fort tirage, ces deux chercheurs nippons qui travaillent depuis plusieurs années sur l’Algérie ont déjà publié un premier livre sur l’Algérie en langue japonaise. Liberté précise également que la longue interview accordée par le président Chadli à ces deux universitaires et chercheurs est considérée comme «un document historique », publié en langues arabe et japonaise. Ce qui signifie donc que ce document peut être lu par des centaines de millions de personnes. De quoi s’agit-il donc ? Liberté qui affirme détenir une copie de ce document «historique et académique », nous livre seulement certains propos, concernant notamment Tamazight. L’ancien président algérien qui a été chassé comme un malpropre de la présidence de la république un certain 12 janvier 1992, a cru bon de s’improviser historien, linguiste, anthropologue et politologue. Que dit-il aux deux chercheurs japonais à propos de Tamazight et du peuple amazigh? «L’amazighité est une sorte de tradition et de langue de quelques tribus appartenant à des civilisations et cultures préislamiques et il reste encore peu de tribus qui tiennent encore à ces origines ». A propos du Printemps 1980, le président Chadli Bendjedid souligne : « Je le dis sincèrement, il y avait un plan colonialiste de la part des services secrets français pour alimenter le sentiment d’appartenance à l’amazighité pour gagner la sympathie de ces groupes et les relier à la France afin de créer des problèmes internes dans le but d’exercer des pressions politiques sur le gouvernement algérien. Et pour prouver ce que je dis, il faut voir ce que fait la France pour enseigner l’amazighité dans ses universités ». «Ils (les événements de I980 ndlr) étaient politiques et culturels en même temps ». Toujours sur la question identitaire, Liberté nous renseigne que l’ancien président a déclaré : «Il n’y a pas de spécificité à la nationalité algérienne ; les Algériens appartiennent à la civilisation arabo-islamique ». Et hormis l’aspect politique, il n’y avait aucune différence entre les algériens et les marocains.: « Du côté culturel, on appartient à la même histoire, culture et civilisation, qui est arabo-islamique. Cette appartenance culturelle et civilisationnelle se prolonge de l’est du monde arabe jusqu’à l’ouest, tous nous parlons la langue arabe, mais avec des dialectes différents, rien de plus ».

Le successeur de Houari Boumediène au fauteuil d’El-Mouradia s’est prononcé également sur l’origine des événements du 5 Octobre 1988 et de l’arrêt du processus électoral de 1992. Que dire de tout ceci sinon que certains hommes n’améliorent pas leur niveau intellectuel en vieillissant Ainsi donc, selon l’ex-président Chadli Bendjedid les vaillants militants kabyles qui ont dit «Halte à l’imposture identitaire et culturelle » lors du printemps 1980 ne sont que des traîtres à la solde de la France néo-coloniale. N’oublions pas qu’à la même année où les Kabyles se sont soulevés pour crier haut et fort leur non appartenance au monde arabo-islamo-baâthiste, Chadli Bendjdid s’est improvisé ethnologue et historien en soulignant que « les Amazighs du Maghreb en général et d’Algérie en particulier sont venus du Yémen ». Il va sans dire que l’auteur de cette faribole n’a pas étalé des arguments scientifiques pour appuyer sa «thèse ».

Les jeunes Kabyles d’aujourd’hui doivent savoir aussi que l’ex-président Chadli
Bendjedid a ordonné, en sus de la répression féroce des manifestants d’avril 1980, l’arrestation et la torture de ceux et celles ayant servi de guides intellectuels à ce mouvement de protestation. Aujourd’hui encore, les séquelles sont visibles sur les personnes torturées. A la même époque, l’homme fort du régime a fait venir d’El Azhar l’imam El Ghazali qu’il payait à coup de millions pour faire répandre sa propagande anti-amazighe, surtout anti-kabyle, à travers l’ensemble du territoire national. N’est-ce pas que c’est l’imam préféré de Chadli Bendjedid qui a dit à propos de Kateb Yacine, après la mort de ce grand écrivain, qu’il ne méritait pas d’être enterré en terre d’islam ? Aujourd’hui encore, le président qui a ruiné le plus le pays ne semble pas être pris de remords ou même disposé à faire son mea culpa. Il semble même allé plus loin dans ses élucubrations et dans sa tentative de renier l’existence du monde amazigh et kabyle. Des millions de Kabyles et d’Algériens l’avaient pris en pitié lorsque certains chefs militaires l’ avaient bousculé dans son bureau avant de l’inviter à vider les lieux.

A propos de la France qu’il tente de dénigrer : N’est-ce pas lui, Chadli Bendjedid, qui a fait le premier le voyage officiel en France ? N’est-ce pas son épouse, qui, avec la complicité d’un général, a acheté à coup de millions de Francs le château de l’acteur français feu Louis de Funès? Il est vrai que les services de renseignements français ont en quelque sorte «giflé » l’ex-président algérien. Cependant, c’est à propos de ce château et des activités qui y étaient menées. C’est aussi à cause de ces activités menées dans ce château que ce général a été envoyé en prison. Pour justifier aux yeux de l’opinion publique la paille humide du cachot qu’on devait faire subir à ce général polisson, certains de ses confrères ont fait dans la subornation en l’accusant de détournement de deniers publics.

Les griefs que l’histoire retient contre l’ex-président Chadli Bendjedid sont tellement nombreux qu’il faudrait plusieurs volumes pour les énumérer tous. A coup sûr, c’est le pire des président et le plus incompétent que l’Algérie ait connu depuis I962 à ce jour. Aussi, au lieu de dire des fadaises et des fariboles, l’ex-président Chadli Bendjedid aurait mieux fait de se taire.

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