Les journalistes de « La dépêche de Kabylie » ont marché contre le 5ème mandat

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Journalistes de la dépêche contre le 5ème mandat DR Tamurt
Journalistes de la dépêche contre le 5ème mandat DR Tamurt

KABYLIE (TAMURT) – Le roi n’est pas encore mort que déjà certains larbins du clan présidentiel ont changé de fusil d’épaule. C’est le cas du défenseur acharné et impénitent de Abdelaziz Bouteflika, Amara Benyounès.

Certes, ce dernier n’a pas et n’aura pas le courage de descendre dans la rue pour montrer publiquement ses prédispositions à s’adonner à un énième retournement de veste. Au lieu de cela, Amara Benyounès, ancien démocrate recyclé dans le régime de Bouteflika, a choisi de fermer les yeux (pour ne pas dire a instruit ses journalistes) quant à la participation ostensible des journalistes exerçant au bureau régional de Tizi Ouzou de son journal « La dépêche de Kabylie » à la marche contre le 5ème mandat de Bouteflika organisée par la presse à Tizi Ouzou ce samedi.

Pour rappel, « La dépêche de Kabylie » est un quotidien qui soutient publiquement et activement le président Abdelaziz Bouteflika depuis les élections présidentielles de 2004, c’est-à-dire pendant quinze ans. Après quinze années de lune miel sans aucune égratignure entre Bouteflika et « La dépêche de Kabylie », sous la bénédiction de Amara Benyounès, des journalistes du même journal sont sortis dans la rue en ce samedi 9 mars 2019 pour prendre part à la marche des journalistes et des correspondants de presse dans la région afin de dénoncer le cinquième mandat du même Abdelaziz Bouteflika ! Le hic, c’est que les journalistes de « La dépêche de Kabylie » n’ont pas hésité à se mettre en avant lors de cette manifestation allant jusqu’à s’afficher carrément derrière la grande banderole où est transcrit le slogan inhérent au rejet du cinquième mandat. Certes, les journalistes en question n’ont pas vraiment une grande responsabilité dans cette volte-face puisqu’il s’agit de pères et de mères de famille qui travaillent principalement pour gagner le pain quotidien de leurs enfants surtout quand on sait que la presse écrite algérienne est en pleine crise.

La responsabilité incombe entièrement à Amara Benyounès qui ose ainsi prendre en otage des journalistes en contre partie de salaires souvent misérables avec, très souvent aussi, une absence de déclaration à la sécurité sociale. Notons enfin que l’une des journalistes qui a pris part à la marche contre le 5ème mandat de Bouteflika en ce samedi 9 mars à Tizi Ouzou est cadre et militante de premier plan du Mouvement Populaire algérien (MPA) de Amara Benyounès. Lors des dernières élections locales, elle était en deuxième position sur la liste des candidats du MPA, un parti qui fait partie de la coalition présidentielle de Bouteflika en compagnie du FLN, le RND et le TAJ.

Tarik Haddouche