Les Kabyles au pouvoir : « Prenez Malika et laissez-nous Matoub »

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Matoub Lounes
Matoub Lounes

KABYLIE (Tamurt) – Suite aux dernières compromissions faites par Malika Matoub au pouvoir algérien, la rue en Kabylie est déçue. Les citoyens interrogés, quelque soit leur tranche d’âge, ont, à l’unanimité, exprimé la même réaction : déception et indignation. Il y a aussi de l’incompréhension chez les personnes que Tamurt.info a questionnées à propos du fait que Malika Matoub a désormais choisi de s’allier avec le pouvoir algérien en s’inscrivant carrément en porte-à-faux avec tout le parcours authentique de Matoub Lounès et des convictions profondément ancrées ayant jalonné la démarche du rebelle durant toute sa vie militante et artistique.

Les citoyens ont aussi tenu à souligner qu’il ne faut absolument pas confondre entre Matoub Lounès et sa sœur. Il s’agit de deux personnes différentes et chacun est libre de faire ses propres choix, nous a confié un professeur d’université qui a connu en personne Matoub Lounès et qui se montre plutôt moins passionné par la volte-face de Malika Matoub.

Les réactions les plus énergiques sont celles des jeunes kabyles qui ne veulent plus entendre parler de Malika Matoub et qui s’adressent ainsi au pouvoir algérien : « Prenez Malika et laissez-nous Lounès Matoub ! ». Il s’agit d’un message on ne peut plus clair. En effet, la majorité des kabyles sont persuadés et convaincus que la mémoire de Matoub Lounès ne pourra jamais être récupérée et son message ne pourra, non plus, jamais être perverti ou souillé.

« Ses chansons et surtout ses textes sont et seront toujours là pour rappeler à tout le monde ce qu’il pense. Son œuvre poétique est un véritable testament public que personne ne pourra défigurer, fut-il sa sœur », explique un auteur de livres en langue kabyle et fan de Matoub Lounès. L’erreur donc à ne pas se risquer de commettre, c’est de confondre, volontairement ou involontairement entre Malika et Lounès Matoub. C’est un autre message transmis par les citoyens interrogés sur ce sujet.

Tarik Haddouche