Les Kabyles d’Al Magharibia et le drapeau amazigh

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Drapeau amazigh
Drapeau amazigh

CONTRIBUTION (TAMURT) – En visionnant quelques vidéos de la chaîne islamiste Al Magharibia, je me suis sincèrement posé cette question : où est ce que le fils d’Abassi Madani est allé pour dénicher ses salariés kabyles? Plus islamistes que les Saoudiens, plus Arabes que les Yéménites, les journaleux kabyles de ce média anti-amazigh n’ont de kabyle que le nom.

S’exprimant dans un kabyle fade et arabisé, ne sachant même pas écrire un titre d’émission dans la bonne orthographe de Mammeri, ces guignols nous rappellent étrangement les animateurs pro-FLN de la chaîne deux (radio kabyle) des années 70 et 80.

Côté invités, ils sont six ou sept « Parisiens » à venir pérorer au nom du peuple kabyle. La plupart le font pour flatter leur égo surdimensionné. D’ailleurs, même quand l’émission est en kabyle, ils préfèrent s’exprimer dans un « français parisien », plus chic pour les petites cervelles de ces eternels complexés!

À quelques exceptions près, les journalistes et les invités kabyles de ce média d’endoctrinement, développent un discours algérianiste qui donne des nausées. En plus d’avoir accepté que leur langue ne soit pas écrite comme l’ont voulu Boulifa, Feraoun et Mammeri, ils ferment honteusement les yeux ces jours-ci devant les attaques haineuses de cette chaîne contre le drapeau fédéral des peuples d’Afrique du Nord. C’est ainsi que le seul journaliste francophone de ce média s’est réjoui, toute honte bue, de l’absence du drapeau amazigh, symbole de division et de discorde à ses yeux globuleux, des manifestations du « glorieux peuple algérien ». Plus absurde encore, un certain intégriste du Londonistan, qui se présente comme ancien diplomate à Tripoli, a même conseillé aux Kabyles d’oublier leur drapeau et d’écrire dorénavant leurs banderoles en langue arabe pour plaire aux Algériens. En gros, il faut que les Kabyles renoncent à leur identité et à leur spécificité s’ils veulent être acceptés par les Algériens, assène ce fou d’Allah, dans un paternalisme hautain. Abuh, il reste juste à demander aux Kabyles d’hurler en arabe si les forces de répression algériennes les rouent de coups, comme disait Fellag. Ayoun!!! Plus xénophobe que ça, tu meurs!

Il n’est pas inutile de rappeler à ces racistes que le drapeau amazigh était bel et bien présent dans les manifestations à Bgayet, Tizi-Wezzu, Tubirett, dans les Aurès et à Ghardaïa ou plus correctement Taghardayt. Certes, il y avait moins, beaucoup moins de drapeaux amazighs que lors des manifestations organisées par les vrais acteurs de la société civile. La raison est toute simple. La police politique qui est derrière cette mystérieuse « révolte spontanée » des peuples d’Algérie, préfère, tout comme les animateurs d’Al Magharibia, de loin le drapeau idéologique d’Émilie Busquant (femme de Messali Hadj) à celui qui symbolise la nature et la diversité géographique de l’Afrique du Nord.

Plus sérieusement et contrairement aux âneries teintées d’exclusion des hurluberlus de ce média anti-kabyle, le drapeau amazigh est un symbole de paix, d’union et de fraternité pour nous autres Kabyles et pour tous les peuples nord-africains. Nos frères Libyens l’ont spontanément adopté et accroché sur leurs chars lors de leur soulèvement contre la tyrannie et le panarabisme du sinistre Kadhafi. Plusieurs cercueils des héros de cette révolution ont été drapés avec cet emblème. Nos frères d’Arrif (le Rif de l’actuel Maroc), l’ont également brandi fièrement pendant la révolte d’Al-Hoceima en 2016 devant les forces de répression du « commandant des musulmans ».

En somme, si la première République, à laquelle appelle le journaliste-alibi de cette chaîne islamiste, interdisait au peuple kabyle d’avoir son propre drapeau, chose que tolère la République de la police politique, je crains que les ennemis de demain soient pires que ceux d’aujourd’hui pour paraphraser Mouloud Feraoun. Finalement, le « ni, ni » de Da Lhocine est toujours d’actualité. Ni République islamique, ni État policier. Il nous reste le testament de Matoub Lwenas : la République de Kabylie. Tout le reste, n’est que de la mauvaise littérature. Autrement, les syndromes et les traumatismes de 1963 et de 2001 risquent de se reproduire.

Vivement l’indépendance de la Kabylie!

Linda At-Wali