Les Kabyles n’ont pas fêté Mouharam

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KABYLIE (Tamurt) – Contrairement à la fête de Yennayer, jour de l’an berbère, et au jour de l’An ainsi que la fête de Noel, Moharam, qui est le premier jour de l’année musulmane, est complètement passé inaperçu en Kabylie mardi.  

En effet, en dehors du fait qu’il s’agit d’une journée chômée et payée car reconnu par l’Etat algérien, Mouharam n’a d’aucune manière été célébré en Kabylie, où cette journée est passée inaperçue. Il s’agit tout simplement d’une autre journée de repos pour les citoyens de Kabylie. D’ailleurs, compte tenu de l’absence totale d’intérêt à l’égard de cette fête religieuse, même les autorités officielles, à l’instar de la direction de la culture et de la maison de la culture Mouloud-Mammeri, n’ont rien programmé contrairement aux autres événements marquants et influents dans la société.

C’est dire qu’un décalage immense existe entre les citoyens de Kabylie et les gouvernants d’Algérie qui tentent par tous les moyens d’imposer aux kabyles des repères et des traditions qui ne sont pas les leurs. Durant près d’un demi siècle, le pouvoir algérien a tenté de priver les berbères d’Algérie et les kabyles de l’une des journées les plus symboliques, réellement ancrée dans les traditions à savoir Yennayer. Mais ce pouvoir, qui dirige par la force, a échoué et il a été contraint de finir par conférer à Yennayer le statut de journée chômée et payée.

En Kabylie aussi, d’autres journées, qui revêtent une grande symbolique, sont marquées annuellement de fort belle manière. C’est le cas du 20 avril qui représente la commémoration du printemps berbère mais aussi du 25 juin qui est la date-anniversaire de l’assassinat du symbole de toute Tamazgha, Matoub Lounès. Notons aussi que Noël, qui est une fête de la tradition chrétienne ainsi que le jour de l’An (le 1 er janvier) sont célébrés de manière solennel et grandiose dans toute la Kabylie.

Tarik Haddouche