Les kabyles ont tiré des leçons du printemps noir et des 126 morts

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Marche des Kabyles sur Alger 2001
Marche des Kabyles sur Alger 2001

KABYLIE (TAMURT) – Malgré toutes les tentatives des clans en lutte au sommet du pouvoir algérien pour mettre à feu et à sang la Kabylie, depuis quelques mois, les kabyles demeurent vigilants et refusent de céder à la tentation de la violence. Ils ont toujours vivace dans leur mémoire les douloureux événements du printemps noir de 2001 et des 126 morts oubliés presque par tous ceux qui étaient les animateurs du mouvement des Archs qu’on ne voit plus aujourd’hui d’ailleurs.

Les clans qui se déchirent pour la succession à Abdelaziz Bouteflika ont tout fait pour que la violence gagne les rues de la Kabylie et les provocations n’ont pas cessé jusqu’à l’arrestation, il y a une semaine, de Issad Rebrab, l’homme d’affaires kabyle. Mais cette fois-ci, les kabyles semblent avoir tiré toutes les leçons nécessaires du passé récent de la région qui les invitent à observer plus de recul et à faire preuve de discernement. C’est la seule manière d’éviter de servir de chair à canon, encore une fois, à des assoiffés de pouvoir qui sont prêt à tout pour se maintenir et garder la main sur la rente pétrolière en Algérie.

En 2001, tout le monde s’en souvient, les kabyles sont sortis seuls dans les rues, ils ont manifesté pendant de longs mois, des dizaines des enfants de la Kabylie ont été tués par des gendarmes, aucun gendarme n’a été jugé, même pas celui qui a tué le premier martyrs, Guermah Massinissa. Aucune région n’avait daigné manifester pour soutenir les kabyles de 2001 à 2003 alors que quand il s’agit de la Palestine, les motions de soutien pleuvent de partout. Pis encore, le peu de réactions enregistrées à l’époque en dehors de la Kabylie consistaient à condamner les réactions des citoyens de Kabylie face aux assauts du pouvoir algérien.

Moins de vingt ans après cette douloureuse et dramatique page de l’histoire de la Kabylie, les citoyens de cette région ne sont pas prêts à refaire les mêmes erreurs pour assister, ensuite, impuissants, à la repentance et à la capitulation effrontée de ceux qui, il n’y avait longtemps, leur disaient que la fin du pouvoir mafieux et assassin était proche. C’est ce même pouvoir qui a soudoyé une bonne partie de ces « leaders » qui se sont évaporés dans la nature quelque temps après. Il n’est resté que les veuves et les mères pour pleurer les 126 martyrs kabyles du printemps noir de Kabylie.

Tarik Haddouche