Les prolongement du conflit libyen : Le conflit armé libyen se prolongera selon l’ancien patron de la DST, M. Yves Bonnet

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LIBYE (Tamurt) – L’invité de Djamel Ben-Ali a considéré que l’intervention militaire de la France de Nicolas Sarkosy dans cette partie géographique de l’Afrique du nord est une « grossière erreur » et s’inscrit en porte à faux avec les principes des Français concernant les droits de l’homme.

Avec des réponses directes, l’ancien premier responsable des services secrets intérieurs français a « suggéré », pour l’intérêt de la France et par respect à ses principes républicains fondamentaux, le retrait immédiat des troupes françaises de Libye. Sur le même chapitre, M. Yves Bonet a regretté que l’Algérie, « amie inconditionnelle » de la France, ne fut pas consultée sur les dossiers brûlants de la partie sud de la Méditerranée.

L’invité de l’émission Likaâë El Sboûhi n’a pas été également tendre à l’égard des Américains, notamment en ce qui concerne la carte terroriste qu’ils ont l’habitude de jouer. Ainsi, M. Yves Bonet a confirmé ce que le monde entier savait sur le dossier afghan, à savoir que les Américains ont financé et nourri l’islamisme extrémiste en Afghanistan et les pays environnants pour obliger la Russie communiste à se retirer de ce pays. Poursuivant sur la même lancée, l’ancien patron des services secrets intérieurs français a affirmé que les Américains n’ont pas changé leur politique extérieure mise en place depuis longtemps, contrairement aux Français. En clair, c’est la politique du président Nicolas Sarkosy qui est attaquée au vitriol par l’invité de Djamel Ben-Ali, lequel est allé jusqu’à remonter à l’époque de la Grande Guerre en annonçant même le nombre des français morts au front pour la défense de la république et des droits de l’homme.

M. Yves Bonnet n’a pas caché aussi qu’il était allergique aux hommes ayant un faible pour l’argent. Les révélations du journaliste écrivain, Pierre Péan, n’ont apparemment pas laissé de marbre l’ex-premier responsable des services secrets intérieurs français, puisqu’il a fortement plaidé pour la primauté de l’intérêt collectif sur l’intérêt personnel de nature bassement matérielle.

Beaucoup d’autres questions toutes aussi pertinentes les unes que les autres ont été posées à M. Yves Bonnet, lequel n’a pas manqué à son tour d’apporter des réponses directes et tranchantes. Le défaut vient du fait que la voix de l’invité de Djamel Ben-Ali fut couverte par celle de l’interprète qui donnait des réponses en arabe. Au nom de la loi scélérate sur l’arabisation, des millions d’Algériens sont empêchés de comprendre des propos d’un homme qui en sait trop. Beaucoup trop même.

En effet, avoir exercé les fonctions de premier responsable des services secrets intérieurs d’un pays comme la France n’était pas à la portée du premier venu. Ceci dit, l’intervention de cet énarque français suscite quelques curiosités. Il est légitime de s’interroger effectivement sur le moment choisi par M. Yves Bonet pour s’ouvrir au média lourd algérien et sur des questions très sensibles. Ensuite, vient cette exception à la règle. Il est de notoriété publique que les responsables des services secrets de par le monde sont aussi « muets » que les tombes. Pourquoi donc M. Yves Bonnet a accepté de rompre le silence ? Et pourquoi spécialement maintenant ? Pourquoi enfin un média lourd algérien ? Serait-ce que nos cousins, voisins et copains les Français sont en train de préparer « un bien mauvais coup » pour l’Algérie ? Auraient-ils peur de perdre leur influence sur leur ancienne colonie au profit de leurs rivaux de toujours (les Américains) ? Ou tout simplement nos cousins, voisins et copains les Français ne veulent surtout pas d’un conflit armé en Algérie de peur de recevoir sur leur sol des centaines de milliers de réfugiés et peut-être même que la violence armée se propage outre-Méditerranée ?

Tant d’altruisme et d’attention de la part de ceux que représente M. Yves Bonet envers l’Afrique du nord en général et l’Algérie en particulier, paraît plus beau que de raison pour ne pas soupçonner qu’il y a anguille sous roche. La question se pose alors d’elle-même : quelle voie souhaitent les Français pour l’Algérie ?