Lettre à Matoub Lounès pour une Kabylie belle, rebelle et éternelle !

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Matoub, Pourquoi tu nous as quittés ?

Pensent-ils vraiment qu’ils t’ont tué… ? Matoub, tu n’es pas mort, toi, tes mots et tes rêves vous êtes encore vivants dans chaque parcelle de notre âme, et ta Mort n’a fait que donner plus de puissance à ta voix… tu es vivant comme jamais dans nos cœurs mais tu nous manques tellement…

Comment réveiller ton esprit? Montre-nous le chemin vers la liberté de la Kabylie de tes rêves…
Matoub, je veux te dire « paix à ton âme », mais je ne peux pas te le dire, parce que tu dois te retourner perpétuellement dans ta tombe…on a encore besoin de toi, ta pauvre Kabylie te crie au secours depuis que tu nous a quitté…

Matoub, je te parle comme un ami, un frère, et j’ai honte… j’ai honte parce que j’ai l’impression de ne rien faire-iw, j’ai l’impression que nous faisons que regarder le triste sort de Tamurt-ik … la vérité c’est que nous avons peut-être encore rien fait pour sauver l’âme de la kabylie, à part pleurer, et je pense que nous n’avons pas encore mérité le droit de pleurer, et de te pleurer…

Tu as sacrifié ta vie pour une cause juste…

Je ne veux pas que ta mort soit vaine. Je ne veux pas vivre sous la domination d’une culture que je rejette. Les victimes du printemps berbère et du printemps noir sont morts pour le même idéal que toi et pour les mêmes nobles idées qui font qu’aujourd’hui j’écris ces mots à ton peuple en m’adressant à toi… je ne crois pas que vous vous êtes donnés en sacrifice pour une Kabylie arabe contraire à elle-même et à qui on confierait son sort à des bédouins ignares…

Ta kabylie a perdu l’un de ses plus valeureux fils, où est donc sa revanche ? Où est notre fierté, Matoub ? La fierté kabyle ! Une fierté que je pensais éternelle et invincible…

Où sont passées nos idées rebelles pour un lendemain de liberté pour une Kabylie éternelle ? Sont-elles mortes avec toi ? Comment pourront-elles mourir avec toi si elles sont immortelles ? Peut-être sont-elles encore la ? au fond de nos cœurs…

Pourquoi on laisse nos femmes à la maison ? Leurs voix ne comptent pas ? Des fois je nous trouve ridicules de nous donner le nom de « Amazigh – Homme libre » comment peut ont être libre quand un être cher comme une épouse ou une sœur ne l’est pas ? Un Amazigh sans Tamazigh(t) n’existes pas ! n’est-ce pas, Matoub ?

Nos cœurs voudraient bien donner des prénoms kabyles à nos enfants, des prénoms qu’ils pourront porter comme des bijoux kabyles… mais dans la réalité on ne les voit pas…
Tafsut, Tilelli, Tayri vous êtes où ? Tafat – la lumière ? On ne les voit plus… ces prénoms sont comme une loupiote qu’il faut nourrir, pour ne pas qu’elle s’éteigne, pour éclairer le ciel de la Kabylie, le ciel de ce pays magnifique qui pourrait éclairer le monde.

Ailleurs on oublie aussi d’apprendre sa langue maternelle à sa descendance…
Y a-t-il plus grande négation à sa culture que cet acte ? Sans le vouloir, nous donnons raison aux Arabes…

… Nous les aidons à penser que notre culture ne compte pas, que notre langue est faible…

Soyons ensemble et travaillons pour la liberté de la Kabylie… soyons la fierté de la Kabylie et soyons sa légende, soyons tous ensemble, afus deg fus, les correcteur de l’histoire… ta mort ne sera pas vaine Matoub, et notre arme sera l’énergie de notre désespoir

Matoub, Victor Hugo avait dit pour toi :

« Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue »

Et c’est l’heure : il est moins une ! Réveillons – nous !

Uli Rohde
une éternelle amoureuse de la Kabylie et la liberté…