Lettre ouverte au Conseil de sécurité des Nations unies : Les incendies en Kabylie sont le fait du pouvoir algérien

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KABYLIE (Tamurt) – Depuis 2004, chaque été, la Kabylie est soumise à des incendies infernaux. Cette année encore, des centaines de départs de feu parfaitement synchronisés y ont été recensés. Une fois de plus ce sont les corps de sécurité qui sont en cause.

Il est de notoriété publique que les pyromanes ne sont autres que des militaires et paramilitaires qui agissent sur ordre de leur plus haute hiérarchie. D’ailleurs, lorsque l’Etat algérien était interdit en Kabylie (2001-2003) il n’y avait pas un seul incendie en Kabylie.

Jusqu’en 2008, les militaires algériens mettaient le feu, à l’orée des bois, devant des maisons habitées par des familles kabyles qu’ils menaçaient d’abattre s’ils venaient à l’éteindre, y compris lorsque leur seul bien était la proie des flammes. Officiellement, ce geste criminel est justifié par la soi-disant lutte contre les terroristes islamistes qui, en réalité, ne sont que des agents de cette même armée. Ils se déguisent en terroristes pour que le pouvoir algérien, raciste envers les Kabyles, légitime un déploiement militaire destiné à les massacrer en cas de nouvelle révolte pacifique, comme en 2001-2003. D’ailleurs, l’G.P.K. redoute qu’un génocide soit déjà planifié contre le peuple kabyle.

Plusieurs opérations héliportées ont bombardé au napalm des oliveraies et des figueraies où ne se trouvait aucun terroriste islamiste. Par ailleurs, de nombreux obus incendiaires ont été retrouvés par les citoyens Kabyles dans les maquis, juste après l’extinction des incendies qui se sont déclarés à la suite de leur survol par les hélicoptères de l’armée. L’objectif est de détruire le patrimoine arboricole kabyle. Ainsi, en 8 ans de cette politique criminelle d’un Etat voyou pyromane, des centaines de milliers d’arbres fruitiers (oliviers et figuiers endémiques, cerisiers…) ont été anéantis, des dizaines de milliers d’hectares sont chaque année partis en fumée. En cet été 2012, les observateurs (photos satellites à l’appui) plus de 30 000 ha ont été brûlés.

Depuis la mise sur pied, en exil, du Gouvernement Provisoire Kabyle, le 01/06/2010, les autorités militaires se gardent bien de revendiquer ces départs de feu mais les citoyens kabyles les ont surpris à chaque fois en flagrant délit de pyromanie.

Tout récemment dans la nuit du 16au 17 aout 2012 des dizaines de jeunes du village d’At Yahia Moussa ayant manifesté devant le cantonnement des militaires pyromanes, ont été enlevés par les services de répression non identifiés. La Kabylie s’inquiète sur leur sort

D’après des propos d’un officier supérieur algérien, rapportés sur le net (face book), les incendies ne sont rien d’autre qu’une politique délibérée de la terre brûlée contre le peuple kabyle qui a décidé d’exercer son droit à son autodétermination.

Ces incendies volontaires, l’appauvrissement économique, l’inquisition récurrente pendant chaque mois de ramadhan, et les kidnappings de commerçants et d’entrepreneurs Kabyles sont des actes qui visent à mette le peuple Kabyle à genoux.

Au moment où le monde civilisé, les sociétés conscientes des dangers du réchauffement climatique de la planète, de ceux des avancées inexorables des déserts, au moment où l’ONU tente de sensibiliser le monde entier à la protection de l’environnement et de la biodiversité, le régime colonialiste algérien allume le feu en Kabylie contre un peuple sans défense et envers lequel il n’a que haine et volonté de destruction.

Ainsi, après toutes les politiques de plus de 50 ans visant à éradiquer l’identité, la langue et la culture kabyles, après la répression politique contre les militants « berbéristes » kabyles des années 70-80, après les massacres de jeunes manifestants pacifiques en faveur du droit à la vie et à la liberté en 2001-2003, voici le temps de la destruction de l’écosystème kabyle.

L’G.P.K. (Gouvernement Provisoire Kabyle) demande à GREEN PEACE, WWF, et les instances de l’ONU chargées de la protection de la nature, d’intervenir auprès des autorités algériennes pour qu’elles cessent immédiatement leurs actes criminels contre la nature en Kabylie.

L’G.P.K. demande au Conseil de Sécurité de l’ONU d’examiner la légitimité du peuple kabyle à exercer son droit à l’autodétermination qui demeure la seule manière permettant à la Kabylie de sécuriser autant son peuple que l’avenir de ses enfants, et d’apporter sa contribution aux efforts mondiaux pour la protection de la nature et au progrès humain.

Paris le 20 août 2012

Pour l’G.P.K., M. Ferhat Mehenni