L’hommage a eu lieu samedi : Farid Ferragui n’a pas applaudi le pouvoir

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Farid Ferragui

KABYLIE (Tamurt) – Finalement, la tentative du pouvoir algérien de domestiquer l’un des chanteurs kabyles libres, Farid Ferragui, a échoué. Samedi dernier, lors de l’hommage qui lui a été consacré par l’association culturelle Ithri de Drâa El Mizan, Farid Ferragui, qui a fait preuve d’une grande vigilance, a réussi à déjouer toutes les souricières que tentaient de lui tendre les représentants locaux du pouvoir algérien, qui ne rend hommage à un chanteur kabyle que pour le domestiquer.

Ces derniers, sur scène ou ailleurs, faisaient tout, à travers leurs questions, pour arracher à Farid Ferragui des mots et des phrases qui feraient le jeu du pouvoir. Mais le célèbre artiste à su déjouer toutes ces bassesses. D’ailleurs, tout au long de son intervention, il n’a pas cessé d’insinuer qu’il n’est pas le genre de chanteur qu’on peut acheter. « Je n’ai ni lots de terrains ni appartements à vous distribuer. Je n’ai que mes chansons ». Farid Ferragui a su même ne pas tomber dans un autre traquenard dont excellent les relais serviles locaux du pouvoir. Quand il s’est agi de lui offrir des cadeaux pour l’honorer pour tout ce qu’il a donné à la culture kabyle, ce ne sont pas les représentants du pouvoir qui ont été appelés à la rescousse.

Farid Ferragui a choisi, Ali Halli, un ancien chanteur kabyle, auteur de la célèbre chanson Abernus, aujourd’hui malade et affaibli, qui lui a mis le burnous honorifique. De même que durant tout le reste de l’hommage, qui a eu lieu dans une salle archicomble, Farid Ferragui a tout fait pour que l’hommage n’ait pas des allures officielles. Même le portrait du président Bouteflika qui, habituellement, trône sur scène, a été caché pour la circonstance. Plusieurs chanteurs ont pris part à cet hommage et ont même interprété une chanson de Farid Ferragui, à l’instar de Takfarinas, Amour Abdennour, Malika Domrane, Ali Ideflawen, Lounès Kheloui, Louisa, Kaci et Loualia Boussad, Brahim Tayeb, Malik Kezoui, etc.

Lyès Medrati