Liberté, El Watan… : Les directeurs des journaux quémandent de la pub au Pouvoir

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ALGÉRIE (Tamurt) – La situation de la presse algérienne dite indépendante est vraiment lamentable. On est loin de l’époque où des quotidiens, notamment francophones défiaient le pouvoir algérien en ne comptant que sur leurs propres performances professionnelles et la liberté de ton ayant prévalu durant les années quatre-vingt-dix.

Depuis quelques jours, et profitant d’une grève de la faim observée par la directrice d’un minuscule journal arabophone, « El Fadjr », les quotidiens francophones algériens n’hésitent pas « à faire l’aumône » au Pouvoir algérien pour que ce dernier ait la générosité de lui offrir régulièrement les pages de publicité distribuée par l’Anep.

C’est à cela qu’est réduite la presse indépendante en Algérie qui n’a plus les coudées franches depuis au moins 2004, année du début du deuxième mandat de Abdelaziz Bouteflika. Les journaux en question vivent depuis quelques années un étouffement financier qui menace même leur existence. C’est le cas d’El Watan, Liberté et du Soir d’Algérie. Quoi que ce dernier ait réussi à négocier une bonne part du marché publicitaire en enterrant la hache de guerre contre le clan fort du pouvoir et en entrant ainsi dans les rangs.

Concernant Liberté et El Watan, les difficultés financière ne cessent d’hypothéquer leur avenir. Bien que ces deux journaux font preuve de beaucoup moins d’agressivité à l’égard du pouvoir et surtout à l’égard du clan présidentiel, il n’en demeure pas que les vannes financières leur restent toujours fermées. Le clan présidentiel ne fait désormais pas confiance à ces deux journaux qui risquent à tout moment de se retourner contre lui quand bien même, de manière conjoncturelle, ils se montreraient dociles, par calcul tactique.

Certains observateurs et analystes vont jusqu’à15 dire que l’époque d’une presse écrite en édition papier est désormais révolue en Algérie. Il y a même une partie d’actionnaires de journaux indépendants algériens, qui veulent carrément mettre la clé sous le paillasson car ne croyant plus, avec conviction, que l’on puisse retourner à une époque similaire à la période faste de la presse indépendante des années quatre-vingt-dix.

Tahar Khellaf

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