Liberté et TSA : Deux journaux qui voient des kidnappings partout à Tizi-Ouzou !

3
TSA

TIZI-OUZOU (Tamurt) – Ces derniers jours, deux journaux algériens, à savoir « Liberté » et « Tout sur l’Algérie » semblent voir des kidnappings partout dans la wilaya de Tizi-Ouzou. A maintes reprises, de simples disparitions fugaces, dues à une raison ou une autre, sont vite saisies au vol et présentées, avec une facilité déconcertante, comme étant des enlèvements et le raccourci est vite fait à l’instar du scénario digne d’un film de fiction.

Puis, ces deux journaux n’hésitent pas à faire le lien avec l’affaire de la malheureuse petite fille Nihal Si Mohand. Mais le cas le plus flagrant et étonnant est celui de Jugurtha Hamama. Cet enfant de quatorze ans, habitant à Taboukert dans la daïra de Tizi Rached, a été agressé par la mère de son camarade de classe avec lequel il a eu une dispute d’enfants, comme il y en a tous les jours d’ailleurs. La mère du collègue, s’étant emportée, n’a pas pu maitriser sa colère et a asséné, sous l’effet des nerfs, des coups durs à l’enfant qui a maltraité son fils. Certes, ce dernier a été grièvement blessé. Mais de là à tirer rapidement la conclusion qu’il s’agit d’un enlèvement suivi de tentative d’assassinat, il y a loin de la coupe aux lèvres.

Un autre citoyen de la commune de Tizi Rached, en l’occurrence, Guerrah Kamel, qui a mis fin  à ses jours, a vite été présenté aussi comme victime d’un enlèvement. Ceci, avant que son corps sans âme ne soit découvert dans un état de décomposition non loin de la demeure familiale de ce père. La légèreté avec laquelle sont transformées ces disparitions en enlèvements est surprenante. D’autant plus qu’aucune réaction n’est enregistrée pour y mettre un terme. Tout le monde se souvient de la manière peu amène avec laquelle les médias algériens ont fait du drame de l’affaire Nihal Si Mohand un fond de commerce médiatique.

Quand il s’agit d’attribuer le succès spectaculaire d’une  marche du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie au RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) ou de faire l’impasse carrément sur le congrès du MAK, l’attitude des journaux algériens peut se comprendre car il s’agit, en fin de compte, d’un combat politique et chacun a le droit de choisir son camp. Mais quand il est question de vies humaines et de familles kabyles touchées dans leur dignité et dans leur amour propre, la légèreté devient intolérable.

Lyès Medrati