Ligne ferroviaire Tizi-Ouzou – Oued-Aïssi – Amar Tou a fait le voyage inaugural cet après-midi du dimanche

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Le ministre algérien des transports, M. Amar Tou, a fait le voyage inaugural de la ligne ferroviaire Tizi-Ouzou –Oued-Aïssi ce au cours de cet après-midi du 31 mai 2010. Pour des raisons non encore connues, le ministre et l’importante délégation l’accompagnant le voyage a commencé à partir de Tadmaït jusqu’à la 2e station de Oued-Aïssi, sise en face du siège de l’ENIEM. Pour rallier ce dernier point se situant à 14 km de Tizi-Ouzou, le train roulant à la vitesse d’un galop moyen d’un cheval a marqué les arrêts de Draâ-Ben-Khedda, El-Kaf Naâdja, Oued-Aissi Université et, enfin, l’arrêt final. Notons d’emblée que ce projet date de 20 ans.

Il y a eu plusieurs polémiques sur cette fameuse extension ferroviaire de Tizi-Ouzou jusqu’à Oued-Aïssi. Le projet, plusieurs fois reporté, a fait même, à tort ou raison, l’objet d’une considération politique.

À titre de rappel, l’APW de Tizi-Ouzou, agissant sous les couleurs du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), a pris le dossier dès 1990, mais a pour des raisons qui demeurent jusqu’à ce jour obscures a été mis sous les boisseaux.

En 1998, la même instance élue, mais cette fois-là sous les couleurs du Front des Forces socialistes (FFS), a réussi à déterrer le dossier. Cependant, ce n’est presque qu’au début de l’année suivante (2005) que les travaux ont commencé. En somme, les hauts dirigeants algériens n’ont pas de quoi être fiers en matière de la concrétisation de projets s’inscrivant dans le cadre du développement économique.

D’ailleurs, beaucoup reste à faire concernant la ligne Oued-Aïssi- Tizi-Ouzou-Alger. Rien que le tronçon Tizi-Ouzou Oued-Aïssi, le décompte général définitif (DGD) ne sera fait que dans un mois. C’est ce qu’a déclaré un cadre de la société en charge des travaux à notre intention en requérant l’anonymat. Par ailleurs, l’électrification de la ligne Thénia (Tizi-Nath-Aïcha) – Tizi-Ouzou n’est pas encore électrifiée.

La station de Tadmaït, détruite, endommagée sérieusement par le séisme du 21 mai 2003 et classée sous le signe rouge doit être entièrement détruite pour être refaite. Le principe est acquis, mais les travaux n’ont pas encore démarré.

En ce qui est des ouvrages d’art, beaucoup reste encore à faire pour ne pas dire que les travaux dans ce créneau viennent à peine de commencer. Il va sans dire que ce sont les travaux d’Hercules qui attendent les entreprises en charge de ces travaux.

En effet, il s’agit de réaliser 08 viaducs d’une longueur totale de 4 434 mètres, 02 tunnels de 1580 et 825 mètres, 24 ponts de rails et routes, 07 croisements de conduite d’eau et 04 murs de soutènement. Concernant justement l’un des tunnels prévus à l’entrée de Tadmaït, deux bulldozers seulement sont à pied d’œuvre.

Cependant, comme c’est de coutume chez les responsables algériens, notamment les régionaux, pour noyer le poisson dans l’eau, ils ont su conjuguer les verbes au futur. Effectivement, une fois tous les travaux terminés le voyageur pourra rallier la capitale à partir de Tizi-Ouzou en un laps de temps de 65 minutes. Et en sus de cela, 14 navettes par jour pour assurer la liaison Tizi-Ouzou-Alger à raison de 7.000 voyageurs. Mais cela reste encore à l’état prévisionnel.

Cependant, le commun des mortels peut dire que la ligne ferroviaire tant convoitée par les autorités régionales et les Kabyles ne relève plus de l’utopie.

S.T