L’insoutenable détresse d’un déprimé

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déprimé

CONTRIBUTION (Tamurt) – L’angoissé vit une solitude intense, qu’il soit parmi les gens, la famille ou les amis. Il vit séparé du monde, sans cesse tourmenté par des idées noires, un monde imaginaire, fermé, étroit, pessimiste qu’il a créé dans sa tête qui a perdu toute notion de rationalité.

Il vit un éternel hiver, un éternel cauchemar, un éternel enfer. Le jour ressemble à la nuit, la lumière et l’obscurité se confondent pour lui. Le temps est interminablement long et pesant. Une minute se transforme en heure, une journée en année, une année en éternité. Le déprimé vit une profonde mélancolie. Il ne rit pas, ne sourit pas, ne s’amuse pas. Il se barricade dans son monde intérieur. Il n’écoute plus ses rares amis restés fidèles qui lui conseillent de consulter un psychiatre ou un psychologue afin d’apaiser ses tourments.

L’angoissé regarde longuement et fixement un point donné, bêtement, sans but. Il a peur de tout, des gens, du noir, de son ombre…Il pense que tout l’univers est contre lui. Il voit des ennemis partout. Il se sent méprisé par le monde entier. Il dort peu ou pas du tout. Il est toujours pale, amorphe, épuisé…Il n’a aucune volonté, aucun dynamisme, aucune énergie. La moindre activité-aussi simple soit-t-elle, devient une immense corvée pour lui.

Le déprimé ne vit et ne pense qu’a sa peine, rien d’autre pour lui n’a de l’importance. Il se sent fragile, minable, pitoyable. Il est tout le temps en train de ruminer des idées noires. Il est absorbé par ces fixations mentales qui donnent de lui l’image d’un être absent, égaré, perdu, étrange, vivant dans une autre planète. L’angoissé néglige son aspect physique. Ses cheveux hirsutes, sa barbe sauvage et ses vêtements sales et fripés accentuent sa descente aux enfers.

Il est très difficile de décrire la vie tourmentée et d’exprimer les états d’âme d’un déprimé mais, je pense que ce dicton résume bien la situation : « Les grandes douleurs sont muettes ». Certaines gens au paroxysme de leur désespoir ont recours au geste fatidique pourtant prohibé par le bon Dieu. La vie et la mort doivent rester sous le commandement de Dieu. Celui qui a perdu la foi en la vie, doit garder la foi en Dieu.

Boussad Hemmar