L’opération de recensement des anciens combattants du FFS entamée : Vers un nouveau scandale de nouveaux faux combattants ?

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KABYLIE (Tamurt) – Le FFS est-il en passe d’accepter des indemnisations qu’il n’a jamais revendiquées depuis sa création ? Ses anciens combattants de 1963 sont sur le point d’être reconnus par le pouvoir algérien, dans le cadre de la « tragédie nationale ». Une subite reconnaissance qui a surpris plus d’un, à commencer par les concernés. Ils se demandent pourquoi le pouvoir et le chef du parti les ont oubliés depuis un demi-siècle, pour les reconnaître enfin en 2013. C’est clair comme l’eau de roche. Cette reconnaissance fait partie des points négociés secrètement entre le leader du FFS, Hocine Aït Ahmed, et le DRS.

« 2013 sera le cinquantenaire de la création du FFS et l’année de la reconnaissance de ses martyrs de la démocratie », avait avoué au mois d’octobre dernier à Tizi-Ouzou, l’actuel secrétaire national, Ali Laskri. Une semaine après, le premier ministre confirme les dires du numéro deux du FFS, en déclarant que les anciens martyrs et combattants du FFS seront reconnus dans le cadre de la charte pour la réconciliation nationale. En effet, selon des militants du FFS, des centaines d’affiches et formulaires ont été remis à toutes les sections des partis afin de les faire remplir par les anciens combattants. Une attitude qui a déjà commencé à provoquer l’ire des vrais combattants du FFS qui sont encore en vie. Ils estiment que les dossiers des authentiques combattants sont à la direction nationale depuis 1995. « Pourquoi recenser d’autres ? », se demandent-ils.

Effectivement, tout le monde s’autoproclame, ces derniers temps d’être des militants et des combattants du parti de Hocine Aït Ahmed, alors ils n’ont jamais eu aucune relation avec ce parti depuis sa création. L’appât jeté par le pouvoir attire les convoitises. Le même scénario de la pension des moudjahidine se reproduira au FFS. En 1962 y avait 10 000 combattants, pour atteindre les 100 000 en 2010. Notre source précise que cette reconnaissance du pouvoir est beaucoup plus matérielle qu’officielle. Les anciens combattants, les veuves et les fils des martyrs du FFS auront des appartements, des pensions à vie et d’autres privilèges.

Les anciennes figures de proue du FFS n’ont pas manqué de dénoncer cette situation. Karim Tabbou, ex-secrétaire national du FFS, était le premier à dénoncer avec véhémence cette pratique naguère étrange au FFS.

Syfax N’Ath Wezguen