L’opposition domestiquée : Aucun parti ne s’oppose à un 5 ème mandat de Bouteflika

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Abdelaziz Bouteflika
Abdelaziz Bouteflika

ALGÉRIE (Tamurt) – L’opposition politique est décidément domestiquée en Algérie. La preuve, si besoin est, c’est qu’aucun parti politique dit s’opposition ne s’oppose de manière claire et directe à ce que Abdelaziz Bouteflika postule pour un cinquième mandat présidentiel l’année prochaine. Ni l’opposition dite démocratique représentée théoriquement par le FFS, le RCD, le PT et l’ex-PAGS ne s’exprime clairement pour dire qu’un cinquième mandat ne serait pas le bienvenu compte tenue des raisons connues de tous. Il en est de même pour les partis islamistes qui n’en parlent même pas.

Pour l’instant, il n’y a que les fameuses quatorze personnalités, auxquelles s’ajoute la journaliste Leila Haddad qui sont en train de mener une campagne contre le fait que Bouteflika brigue un cinquième mandat. Le silence des partis politiques dits de l’opposition confirme enfin à quel point ils ont été domestiqués par le régime Bouteflikien surtout depuis le dernier mandat. Les partis politiques sont devenus de simple comédiens figurants de la scène politique en Algérie. Ils ont un rôle à camper et des limites à ne pas franchir. En contre partie, le pouvoir les laisse en paix et bien entendu leur accorde quelques privilèges comme une poignée de sièges à l’APN et quelques mairies, et les deux APW de Bgayet et Tizi Ouzou concernant le FFS et à un degré moindre le RCD.

Ces derniers se complaisent dans un silence assourdissant quand il s’agit d’évoquer la cruciale question du cinquième mandat de Bouteflika. Le FFS, via les membres de son présidium, passe son  temps à faire diversion en ressassant à l’infini l’idée utopique d’un consensus national. Alors que le RCD n’ayant plus qu’un passé glorieux et lointain à faire valoir, semble complètement perdu dans ce paysage politique amorphe et insipide. Il faut reconnaitre au système politique actuel un exploit incontestable : c’est celui d’avoir pulvérisé toute la dynamique de liberté d’expression voire le semblant de réelle démocratie engendré au lendemain des événements d’octobre 1988.

Tarik Haddouche