Lors de l’intervention de la CIDDPA faite ce matin à la 22eme session des droits de l’Homme des Nations Unies à Genève – Stop au génocide dans l’Azawad

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La Coordination Internationale de Défense des Droits du Peuple de l’Azawad (CIDDPA) est intervenue ce matin à la 22ème session des droits de l’Homme des Nations Unies à Genève au sujet des exactions de l’armée malienne contre les populations de l’Azawad, la situation des violations des droits de l’homme commises par l’Etat du Mali et son armée contre les populations de l’Azawad, nous indique un communiqué de la CIDDPA, signé par son porte-parole Mossa Ag Attaher.

Lors de son intervention, le représentant du peuple de l’Azawad mettra l’accent sur une autre réalité du terrain et les souffrances ainsi que tout ce que subissent les Azawadiens. « En dépit des discours des autorités de Bamako sur les agissements des soldats réguliers et des milices supplétives; exécutions sommaires, enlèvements, tortures, pillages, viols et vols, à l’encontre des populations Azawadiennes, en particulier, touarègues et maures, ainsi que des membres des groupes ethniques Peuls et Songhai, ces actes se poursuivent ». « Malgré les reportages des rares médias qui se trouvent sur le terrain, les alertes des organisations de défense des droits de l’homme dont HRW, la FIDH, Amnesty… ainsi que les mises en garde des Nations Unies », la situation n’a pas évolué.

« Lorsque les soldats Maliens s’en prennent aux populations, ceux qui ne sont pas exécutés ou pillés sont enlevés tout comme les troupeaux et autres biens matériels. De nombreux Azawadiens, majoritairement Touaregs et Maures, de simples bergers, ont été enlevés avant d’être présentés à la TV malienne comme de dangereux terroristes pris avec les armes dans un macabre montage digne de Hollywood », est-il ajouté dans cette intervention qui tranche avec le discours des autorités maliennes et de ses supports.

« Pour ceux qui ne connaissent la réalité du terrain depuis le début de l’opération est que les soldats maliens n’arrivent dans les localités que lorsque les forces françaises ont achevé de nettoyer les poches terroristes de résistance !!! », ajoute-t-on encore. Ceci avant de se demander : « Jusqu’à quand le Mali continuera-t-il de violer allègrement les droits humains prenant des allures de génocides, de crimes contre l’humanité tout en se présentant comme une pauvre victime d’un terrorisme que l’Etat malien a lui-même promu depuis une quinzaine d’années ? Jusqu’à quand la communauté internationale restera silencieuse et passive face au génocide rampant dans l’Azawad ? Jusqu’à quand le gouvernement malien continuera-t-il à adouber les médias de la haine qui appellent aux meurtres de personnes en raison de leur origine ? ». Le représentant du peuple de l’Azawad se demande aussi : « comment expliquer qu’en près de deux mois (après le lancement de Serval), il y a 25 fois plus de personnes tuées uniquement des Azawadiens, par l’armée malienne qu’en plus de trois mois d’affrontements entre cette armée et les forces rebelles ? ». Pour étayer ses dires, il citera que sur « toute la période de référence, près de 573 têtes de bétail (petits ruminants et bovins) ont été enlevés par les soldats maliens. Les pillages de boutiques appartenant essentiellement à la communauté ont été observés y compris sous les caméras des chaînes de TV, en particulier F24, notamment, à Tombouctou ». Et de souligner que « le plus incompréhensible c’est que cela se poursuit encore au moment où je parle mais puisque la zone est difficilement accessible aux médias, le drame est peu visible comme c’est le cas en Syrie et ailleurs sur notre planète, de moins en moins humaine !!! ».

Un appel est aussi vite lancé à l’endroit des instances internationales qui sont appelées à réagir face à ce qui se passe dans l’Azawad : « le conseil de sécurité, le comité des droits de l’homme dans un souci de paix et de sécurité internationale devraient élever la voix pour que cesse le génocide rampant depuis que la France a décidé unilatéralement, il y a 60 ans de remettre notre destin entre les mains du Mali, Etat qu’elle a créée de sa propre volonté… avant de revenir en 2013 pour ramener l’armée malienne dont le seul fait d’armes se résume en massacres de populations civiles, en raison, généralement, de leur couleur de peau !!! ».

La Rédaction Tamurt

Liste non exhaustive des exactions et exécutions récentes du 16 février au 5 mars 2013

a) Période du 16 -17 février 2013 :

– exécutions sommaires

A Ewarwar, près de Lerneb, dans la région de Tombouctou : exactions contre les populations et pillages par les éléments de l’armée qui tuent et repartent avec les biens des gens.

Au sud de Léré : des éléments militaires maliens ont traîné des bergers nomades touaregs attachés à des véhicules. Les bergers nomades sont portés disparus.

Certains d’entre eux ont été reconnus lors d’une émission de la TV malienne entre le 7 et le 9 mars 2013, présenté comme des jihadistes. Toujours dans la même zone de Léré, plusieurs puits ont servi de fosses communes à plusieurs personnes assassinées (près de 47 personnes reparties entre plusieurs puits).

b) Viols et sévices

Des femmes touarègues du site de Fatoma près de Sevaré ont été victimes de viols de soldats Maliens dans le sillage de la reconquête de Konna. Des témoignages d’organisations de défense des droits de l’homme sont éloquents à ce sujet.

A Gossi, 160 km à l’ouest de Gao, plusieurs femmes et jeunes filles touarègues ont subi des sévices sexuels de la part des militaires maliens. Nous tenons à disposition les noms de ces femmes que nous ne pouvons pas divulguer à ce stade du fait qu’elles sont encore séquestrées par les militaires maliens. Elles ont réussi à faire parvenir un message de détresse au CICR.

– Période du 1er au 4 mars 2013

A In M’nass, 80 km au nord est de Gao : 4 personnes exécutées le 2 mars 2013 par une patrouille de l’armée malienne partie de Gao dans la journée,

1. Oumar Ag Algateck

2. Mossa Ag Algateck

3. Aklinine Ag Mossa

4. Aljoumaghat Ag Bilal

A Gossi, 160 km au sud ouest de Gao sur la route de Sevaré : 1 jeune homme a été battu à mortpar des soldats maliens avant de lui retirer une somme de 60 000FCFA (92 euros).

A Hodari, sud de Tombouctou, les soldats maliens ont enlevé et ramener dans la direction de Douentza les personnes ci après:

1. Oumar Ag sidi Ali

2. Mohamed Ag sidi Ali

3. Aliou Ag Houssa

A Hombori : deux personnes, dont les noms n’ont pas encore été communiqués, ainsi que le chef de leur fraction du nom de Hamo Ag Ichrach venu pour s’enquérir de leur situation auprès des militaires maliens, ont été enlevés.

La Rédaction