Lors de son concert à Azeffoun, Karim Branis annonce sur scène sa démission du RCD

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Karim Branis

AZEFFOUN (Tamurt) – Ce concert fut loin du spectacle à guichets fermés que l’on s’attendait à voir pour cet honorable groupe de Rock kabyle. En effet, les bavures n’ont cessé de paraitre : Absence d’information, absence de médiatisation. Et les officiels aussi n’ont brillé par leur présence. Le Maire RCD de Azeffoun, à l’image du directeur de la maison de la culture de la ville, ont complétement ignoré l’événement. Pis encore, ces responsables ne préviennent pas le Sous-Préfet pour envisager un minimum de sécurité.

C’est le responsable local du Croissant Rouge qui s’est porté volontaire pour accueillir et s’occuper du groupe. Il contacte le Maire qui lui fait savoir qu’il était à Alger alors que cinq minutes avant, il l’aperçut dans sa voiture à Azeffoun.

« Je pense qu’il n’en avait pas après nous mais il a une dent contre le directeur de la Culture; Ould-Ali El-Hadi », nous confie plus tard Karim Branis.

Devant un public presque intimiste, le vocaliste a alterné chansons et discours révolutionnaires. Pour cette journée singulière, marquée par des marches pour l’autonomie de la Kabylie et la liberté du peuple kabyle dans les principales villes de la région, Karim Branis ne s’est pas fait prier pour dénigrer un système dépassé et prôner liberté et nécessité de changement.

C’est précisément pendant ces interludes ovationnés où le Rock rimait avec Révolution qu’il a annoncé, après évocation de son passé d’activiste du RCD en France, sa démission du parti. « J’arrête d’être hypocrite », lança-t-il avant de déclarer cette cession.

« Cela m’a mis en colère d’où mes propos sur scène car je déteste le mensonge et la mauvaise foi. Celui qui cultive le négativisme ne fait du tort qu’à lui-même. La population d’Azeffoun s’en souviendra lors des prochaines élections locales », répond-t-il à notre interrogation.

Touchée, elle aussi, la sœur du célèbre humoriste, Mohamed Fellag, a tenu à prendre la parole. Pendant son allocution, elle avoue qu’elle s’attendait à un accueil tout autre. Elle fait remarquer la complète absence d’affiches en ville ; ce qui, dit-elle, lui fit penser que le spectacle était déprogrammé. « J’ai honte », lança-t-elle, outragée et ne trouvant point d’autre mot pour qualifier la situation. Parmi l’auditoire, on crie et on dénonce une tentative de sabotage.

Enfin, c’est aux noms d’El Hadj Mohamed El Anqa, Mohamed Igarbouchene, Mohamed Iftissen, Le Petit Omar, Tahar Djaout et de tous ces grands hommes de la région, ainsi qu’au nom du Sadatt Ibahriyen, qu’elle a souhaité la bienvenue au groupe et à l’assistance. Elle déclare que le changement ne se fera pas par les politiques mais par les jeunes et finit par espérer que les germes semés par tous ces artistes et martyres finissent par pousser et amplifier le vent du changement.

Karim la remercie et, ironique, souligne l’heur qu’il eut de ne pas voir les responsables le priver de courant électrique. À part ça, il n’en attendait rien de leur part. Positif et bien aligné sur ses principes, il tint pendant notre entretien à souligner le bon déroulement de l’événement et sa reconnaissance envers les présents.

Le concert s’est déroulé sans couac – merveilleusement bien – et l’assistance était conquise et, en parfaite harmonie avec le groupe, récitait en chœur toutes les paroles.

« Nous, nous avons fait convenablement notre travail. Le public est venu des quatre coins de la Kabylie grâce à Facebook », souligne le chanteur. Et du public, il y en avait qui ne manqueraient pour rien au monde pareil évènement. Et nous notons que beaucoup ont été, un peu plus tôt, prendre part à la marche organisée par le MAK, le Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie, à Tizi-Ouzou.

« Le public est reparti ravi et c’est cela qui compte le plus pour nous », ajoute Karim pour terminer notre entretien.

Ahmed DJOUDI

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