Louisa Hanoune à Tizi Ouzou : « C’est en 1962 que la mission du FLN est terminée »

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Hanoune Louisa
Hanoune Louisa

ALGÉRIE (Tamurt) – C’est dans une salle qui était loin d’être pleine où Louisa Hanoune, la porte-parole éternelle du Parti des travailleurs (PT), a animé son meeting électoral, mardi après-midi, à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou. Pourtant, les candidats locaux du PT aux prochaines élections municipales du 3 novembre ont mobilisé la grande artillerie pour offrir une assistance respectable à leur parraine. En vain.

Toutes les places du balcon étaient désespérément vides ainsi qu’une bonne partie de l’orchestre. C’est dire que même une personnalité politique censée être de dimension nationale n’arrive pas à remplir une salle de 500 places. Malgré cette faible affluence, Louisa Hanoune s’est exprimée avec fougue pour tenter de combler l’absence d’une assistance consistante. Louisa Hanoune, qui siège à l’APN depuis plus d’un quart de siècle, sans se lasser et sans laisser la place aux autres, trouve quand même l’audace de critiquer le régime (dont elle est un pion incontournable) et les partis de la coalition présidentielle afin de bien camper son rôle d’opposante de salon, de façade et de circonstance. Avec un vocabulaire très virulent, Louisa Hanoune s’en est pris aux partis du pouvoir notamment le FLN et le RND sans avoir le courage de citer ce dernier. Elle citera, en revanche, le FLN (Front de Libération Nationale). Un parti qui a été usurpé par une poignée d’opportunistes au lendemain de l’indépendance, confirme Louisa Hanoune. Cette dernière a ajouté que la mission du FLN est terminée en juillet 1962. Tout ce qui a suivi est donc une confiscation de ce « symbole historique ». Pourtant, en disant cela, Louisa Hanoune continue de cautionner le régime politique qui règne en Algérie d’une main de faire, en participant notamment aux élections et en prenant part activement au débat politique. Elle-même a reconnu lors de son meeting à Tizi-Ouzou, qu’on a affaire à une  véritable dictature. Elle avance pour preuve le fait que la liberté d’expression a été réduite à néant ces dernières années.

Les voix qui ne soutiennent pas le régime n’ont pas droit de cité dans les médias, a ajouté Louisa Hanoune. Cette dernière a dénoncé avec un langage aussi virulent la politique d’austérité pratiquée par le pouvoir algérien depuis 2015. Au moment où son salaire mensuel s’élève à 40 millions de centime, en tant que députée. Une députée éternelle. Et une présidente de parti politique inamovible. De quelle dictature est-elle donc venue nous parler à Tizi-Ouzou ?

Tahar Khellaf

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