Louiza Hannaoune à Tizi-Ouzou : « Non à la guerre au Mali !»

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Motivée par une campagne électorale en faveur de son parti, Mme Louiza Hannoune n’a pu s’empêcher de profiter de cette occasion pour « éplucher » les dossiers de nature géopolitique et géostratégie. C’est dans ce cadre précis qu’elle a dénoncé Paris, Washington, responsables à ses yeux du conflit malien et « partisans » d’une intervention militaire internationale dans « le but évident » non seulement de vendre leurs armes mais aussi une occasion de faire propager ce conflit armé vers le sud algérien, zone réputée pour ses richesses du sous sol, d’où la finalité est leur accaparement. La secrétaire générale reconnaît l’existence d’ « un grand danger à nos frontières » et de fait, donne raison aux hauts responsables algériens qui ont arrêté la ferme décision de fermer les frontières du pays avec le Mali au cas où celui-ci ne réussirait pas à stopper une intervention militaire internationale.

« Dans ce cas de figure, dira la première dame du PT, nous sommes même favorables à la fermeture des zones aériennes communes entre notre pays et le Mali ». Insistant sur le danger imminent qui guette l’Algérie par la convoitise de ses ressources naturelles du sud, l’oratrice répétera le fait rapporté par la presse nationale qui a eu lieu récemment dans la wilaya de Ouargla, en l’occurrence l’arrivée des terroristes venus du Mali, du Niger et des autres pays partageant les frontières avec l’Algérie qui tentaient de pousser les populations de cette wilaya à déclencher un mouvement insurrectionnel contre Alger.

« Non, s’insurge Mme Louiza Hannoune, l’Algérie ne s’inscrit pas dans le Printemps arabe car nous avons eu notre printemps amazigh ». En entamant ce virage, la secrétaire générale du PT s’attaque, une nouvelle fois, à l’Occident qui « n’arrive toujours pas à comprendre la mentalité de l’Algérien lequel a toujours su, par lui même, ses manques et ses besoins ainsi que la manière de les obtenir ». Comme pour mieux convaincre l’assistance que les conflits suggérés par l’Occident sont toujours négatifs, l’oratrice cite l’exemple de la Libye et la Syrie où il n’y a que mort et désolation à la clef. Toujours au volet « Occident », Mme Louiza Hannoune a fait une véritable diatribe à l’endroit des Français, des Anglais, des Américains, de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), l’Union Européenne (UE), la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) qui ne cessent de faire des pressions sur le gouvernement algérien pour adopter une politique leur permettant de s’accaparer « nos richesses ». Sur cette même trajectoire, la secrétaire générale cite l’exemple des pays, pourtant membres de l’UE telle que la Grèce qui ne cessent de faire les frais des lois dictées par le capitalisme financier. « On vient d’imposer, dit-elle, un nouveau plan d’austérité pour la Grèce ».

Ceci en ce qui concerne le volet international. Sur le plan interne, la secrétaire générale a accusé les députés du Front de Libération Nationale (FLN) et du Rassemblement National Démocratique (RND) d’être à l’origine des actuels codes communal et wilayal qui enlèvent toute prérogative aux élus. En plaidant pour plus de prérogatives pour le premier magistrat de commune car « c’est de par ses larges prérogatives qu’il puisse assurer un vrai développement local », Mme Louiza Hannoune cite l’exemple de l’Angleterre où « le statut de maire est plus important que celui du député ». Tout en lançant des fléchettes « empoisonnées » à l’endroit des hauts dirigeants algériens pour « leurs absences d’initiatives en matière de projections futures et incompétences dans la gestion », l’oratrice a plaidé pour la création d’autres communes pour mieux répondre aux besoins des citoyens.

La secrétaire générale du PT a suggéré la création d’une commune pour 3.000 habitants. C’est dans le cadre de la gestion communale qu’elle a également mis en exergue le concept de la démocratie locale et participative. « Il faut considérer, assure-t-elle, une APC comme un mini-Etat ». La première dame du PT n’a pas caché que la démocratie est loin d’être instaurée en Algérie. Avant d’expliquer les raisons de son parti à participer à ces élections, Mme Louiza Hannoune a révélé le secret de Polichinelle à savoir que les élections législatives du 10 mai dernier ont été très entachées de fraude. « Cependant, notre participation aux locales, dit-elle, repose sur le principe selon lequel nous pourrions toujours être à l’origine d’un début de mesures correctionnelles puisque rien n’est inéluctable ». L’oratrice a avoué que même ses participations aux élections de I997, 2002 et 2007, les conditions politiques générales du pays n’étaient pas réunies ». C’est sur cette note que Mme Louiza Hannoune a appelé l’assistance à voter en faveur des candidats de son parti dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

En dernier, il y a lieu de souligner que pas une fois à l’issue du meeting d’aujourd’hui, la secrétaire générale du PT ne s’est attaquée à la grande famille militante et patriotique du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK).

Saïd Tissegouine