Lounès Kheloui : déjà deux années !

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Lounès Kheloui
Lounès Kheloui

KABYLIE (Tamurt) – Deux années se sont déjà écoulées depuis que nous a quittés l’un des maitres de la chanson kabyle, l’un des plus talentueux, l’un des plus doués, celui qui avait une voix exceptionnelle et qui n’était pas un kabyle de service : il s’agit de Lounès Kheloui.

Lounès Kheloui nous a quittés, en effet, le 3 novembre 2016 alors qu’il venait à peine d’enregistrer ses deux derniers albums, des chefs-d’œuvre, faut-il s’en douter. Les deux CD n’ont été édités que quelques jours après sa mort. On y a alors découvert de nombreuses chansons prémonitoires où Lounès Kheloui avait senti que sa fin dans ce monde éphémère approchait surtout que sa maladie le rongeait de plus en plus. Parmi ces chansons où Lounès Kheloui chantait sa mort proche, il y a celle intitulée : « Bqa ala khir à dunit » ou « Adieu, la vie ». Depuis le début de sa carrière à la fin des années soixante, Lounès Kheloui, malgré son talent exceptionnel d’artiste populaire hors-pair, n’a jamais été tenté de flirter avec le pouvoir algérien, comme le font certains, en contre partie de privilèges financiers ou fonciers.

Lounès Kheloui a même été l’un des rares à avoir réagi suite à l’escroquerie dont il avait fait l’objet de la part de l’entourage d’El Hadi Ould Ali. A l’époque, ce dernier était directeur de la culture de Tizi Ouzou. Son entourage avait fait signer à Lounès Kheloui une motion de soutien en lui faisant croire qu’il s’agissait d’une pétition en faveur des droits de l’artiste. Lounès Kheloui, malgré son décès depuis deux années, reste un artiste très écouté dans toute la Kabylie.

Un grand chanteur qui garde sa place au soleil en compagnie d’autres étoiles libres comme Matoub Lounès, Youcef Abdjaoui, Slimane Azem, Cheikh El Hasnaoui et de tant d’autres voix que le peuple kabyle portera toujours dans son cœur car elles ne l’ont jamais trahi.

Tarik Haddouche