L’Université de Tuβirett – Les étudiants paralysent le département des sciences de la matière

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Le département des sciences de la matière, inauguré que l’année dernière pourtant, semble devenir un endroit ou l’on peut tout faire sauf le travail pédagogique: le comité estudiantin organisateur du mouvement de la grève générale dénonce l’absence d’un directeur compétent pour gérer le département. Pourtant, un directeur a été nommé au début de la rentrée universitaire, des questions se posent sur les raisons de son limogeage de la part de l’administration centrale de l’université de Tuβirett. Sans fournir la moindre motivation, elle préfère laisser le département sans un premier responsable, afin de prendre ses affaires en mains, démarche centralisée qui n’a pas été applaudie par les étudiants. L’un d’entre eux déclare à Tamurt.info que l’ex-directeur du département, un docteur en physique, assurait le bon déroulement du département, avant qu’il ne soit « largué » par l’administration.

Un des autres problèmes au niveau de ce département, c’est l’absence d’un corps d’enseignement universitaire de qualité, puisque la quasi-majorité des enseignements recrutés ne possèdent pas l’expérience nécessaire, requise pour mener à bon terme leur mission. Un problème que les étudiants du département des sciences de la matière ont déjà signalé à l’administration lors de la première grève, déclenchée quelques jours auparavant. Celle-ci a assuré aux étudiants qu’elle prendrait leurs doléances en considération, ce qui n’a pas été le cas. Quant à la langue utilisée pour l’enseignement, elle ne fait guère l’unanimité entre les étudiants et l’administration. Cette dernière impose la langue arabe pour l’enseignement, conformément aux instructions de la tutelle, chose rejetée par les étudiants grévistes qui réclament l’enseignement en français.

Le comité d’organisation de cette grève est déterminé à réclamer le droit le plus absolu de l’étudiant à un enseignement de qualité. Il est aussi déterminé à poursuivre la grève générale, jusqu’à l’aboutissement d’une plate-forme de revendication, transmise à l’administration.

Cette grève, faut-il le souligner, a été déclenchée par un groupe d’étudiants, de tendance syndicale autonome, ce qui remet en cause l’existence injustifiée de plusieurs organisations étudiantes, plus d’une dizaine au total, qui semblent avoir d’autres préoccupations que de défendre les intérêts et les droits des étudiants les plus absolus. Les mêmes organisations ont pour objectif de neutraliser toute initiative militante authentique au niveau du centre universitaire de Tuβirett (Bouira), en n’organisant que des activités « folkloriques » et autres expositions religieuses, qui visent principalement à contenir et cacher les véritables problèmes de l’université et de l’étudiant. Ce qui a été confirmé par l’un des étudiants, présent sur place, qui estime que l’urgence pour les étudiants c’est l’organisation d’un véritable mouvement pour mener une campagne de sensibilisation, afin d’aller droit au but pour l’installation des comités autonomes au niveau de toute l’université. Les comités autonomes sont les seuls habilités à défendre nos droits et parler au nom des étudiants. Aucune organisation, implantée ici n’est habilitée à parler en notre nom, estime un étudiant.

Le centre universitaire de Tuβirett, qui compte quelques spécialités seulement, marche sur une voix d’arabisation alarmante. Toutes les spécialités sont enseignées en langue arabe, y compris au niveau du département de la langue amazighe. Cela est dû probablement à l’instauration d’un courant estudiantin des islamistes, qui prêchent leurs idéaux avec le soutien logistique de l’administration, qui empêche d’autres associations culturelles d’activer sous prétexte d’absence d’autorisations ! Depuis quand un étudiant à besoin d’une autorisation pour exercer sa liberté ou bien défendre sa culture et son identité?