L’usage d’armes chimiques en Syrie, «ligne rouge» pour l’Iran

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L’usage supposé d’armes chimiques dans les affrontements en Syrie marque une «ligne rouge», a déclaré mardi l’Iran, reprenant l’expression utilisée par les Etats-Unis tout en accusant les rebelles d’être le «principal coupable».

Le président Barack Obama a averti en août dernier son homologue syrien, Bachar al Assad, que la mobilisation et l’utilisation d’armes chimiques ou biologiques contre la rébellion qui dure depuis mars 2011 constituaient une «ligne rouge» à ne pas franchir.

Ces dernières semaines, gouvernement et rebelles se sont mutuellement accusés d’avoir mené des attaques à l’arme chimique et la semaine dernière, des responsables américains ont indiqué que la communauté américaine du renseignement avait conclu, «avec différents degrés de certitude», que des armes chimiques, notamment du gaz sarin, avaient été utilisées en Syrie.

Accusations de Damas

«Nous avons toujours souligné que l’usage d’armes chimiques par quiconque est notre ligne rouge», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, cité par l’agence de presse Isna. «L’Iran est opposé à l’usage de tout type d’arme de destruction massive, et non seulement leur usage mais aussi leur production et leur accumulation.»

Appelant l’ONU à enquêter sur les accusations de Damas à l’encontre des rebelles syriens, il a ajouté : «Nous avons demandé qu’en accord avec le gouvernement syrien, qui souligne que l’opposition a fait usage de ces armes, les Nations unies (…) identifient le principal coupable à cet égard, qui est l’opposition.»

Une mission d’enquête de l’ONU dirigée par le Suédois Ake Sellström a été créée à la mi-mars sur le recours éventuel à des armes chimiques dans le conflit syrien, qui a fait plus de 70.000 morts. Mais Damas refuse d’accorder aux inspecteurs, qui sont basés à Chypre et prêts à partir en Syrie dans un délai de 24 à 48 heures, un accès sans entraves aux sites suspects.