Madame Boumédiène recourt à la justice française contre le journal Tamurt

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Palais de justice, Paris
Palais de justice, Paris

PARIS (Tamurt) – L’épouse de l’ex président algérien Houari Boumédiène a cité le journal Tamurt.info à comparaitre devant les juges de la 17ème Chambre du Tribunal de Grande Instance siégeant au Palais de Justice de Paris. La première audience a eu lundi 5 mars 2018 à 9h et la plaidoirie est fixée par le juge pour le 1er juillet 2019. Madame Boumédiène reproche à Tamurt de l’avoir diffamée dans un article publié le 18 septembre 2017, intitulé Boumédiène possédait un compte dans une banque à New York. Selon elle, l’article contient des passages diffamatoires et mensongers « des plus révoltants » car Houari Boumediene serait une « légende déjà de son vivant ». Il n’aurait jamais volé ni violenté ou assassiné quiconque.

Quant à Mme Boumédiène, elle n’aurait jamais profité de l’influence de son mari ni n’avoir profité des largesses de l’Etat algérien. Elle avance pour preuve, la publication par le quotidien Le Parisien d’une dépêche, sur demande de l’Ambassadeur d’Algérie en France, en date du 8 novembre 1990, intitulée Recherche de logement social pour femme de président.
Madame Boumédiène demande 300 000 euros de dommages et intérêts ainsi que l’application de la loi pénale à l’encontre de Lyazid Abid particulièrement pour ce passage de l’article : Pourquoi Anissa Boumédiène n’a jamais réfuté cette information ? Le tyran d’Alger qui a confisqué l’indépendance algérienne n’est qu’un voleur comme Bouteflika et autres. Selon son avocat, ce passage laisserait penser de manière subséquente que sa cliente est une receleuse. Elle accuse également le journal Tamurt d’être antisémite pour avoir mentionné dans le dit article que Boumédiène aurait déposé l’argent détourné dans une banque « juive » à New York. Voilà entre autres pour l’accusation.

En fait, le journal Tamurt n’a ni inventé, ni révélé l’existence des détournements en question. Tamurt a, comme pouvait le faire tout autre journal d’investigation, repris des informations révélées par la presse depuis très longtemps. Quant à la dépêche du journal Le Parisien que Madame Boumédiène a évoqué, elle ne peut être considérée comme une preuve probante quand on sait la rivalité des clans au pouvoir et l’extrême violence qui les caractérise. Cette dépêche apporte la preuve, s’il en faut, des règlements de comptes des clans Est/Ouest qui se succèdent au pouvoir depuis 1962 que son époux a légué à ses successeurs comme seule et unique alternative politique.

Pour ce qui est de l’antisémitisme dont Mme Boumediene veut nous accuser, heureusement que le ridicule ne tue pas. Faut-il lui rappeler que notre culture est une culture de tolérance ? Chez les Kabyles la question du racisme, de la discrimination raciale ou de la stigmatisation religieuse est tranchée depuis des lustres. Le serment le plus sacré et de jurer au nom de toutes les croyances. La ligne du journal Tamurt est imbibé de cette culture et son responsable, Lyazid Abid, a été reçu à la Knesset à Jérusalem, en 2012, en tant que kabyle qui œuvre à la fraternité entre les Peuples. Par contre les positions antisémites prises par Houari Boumédiène font légende. Il a accusé les Kabyles de sionistes et de racistes. Sans mentionner ses maints discours anti-Israëliens et anti-juifs dont l’objectif était d’affaiblir le jeune Etat d’Israël honni par tous les pays musulmans.

Il a été impliqué dans la liquidation physique des meilleurs des nôtres tels Amirouche et Si Lhaouès, dont les depouilles ont été sequestrées pendant de très longue années dans le sous sol d’une caserne de la gendarmerie algérienne, de Abane Ramdane, Krim Belkacem et les meilleurs alliés de la Kabylie entre autres Mohamed Khider. Il a militairement envahi la Kabylie avec son armée des frontières fraichement débarquée de sa planque marocaine une fois le cessez le feu était entré en vigueur. En mettant la Kabylie à feu et à sang en 1963, au lieu d’accepter la démocratie et la liberté que revendique la Kabylie et pour les principes desquels elle s’est sacrifiée pendant 7 longues et douloureuses années contre la France coloniale. L’Algérie a, depuis cette invasion et ce crime de guerre, stigmatisé le Peuple kabyle pour en faire de lui le souffle douleur qui allait graduellement remplacer les juifs d’Algérie et les pieds noirs. Livrée par Boumédiène à la vindicte populaire, les islamistes tenteront plus tard de lui assener le coup fatal, n’était-ce le remarquable instinct de survie du peuple kabyle.
C’est peu dire que pour les Kabyles, Boumédiène restera dans notre mémoire collective un criminel notoire.

Puisque la plaignante semble nier le côté occulte de la gestion des deniers de l’Etat algérien, comment ne pas évoquer le détournement de fond public sous le règne de Boumédiène. Qu’en est-il des sommes colossales que Bouteflika, ministre permanent sous Boumédiène, a amassé sur des comptes bancaires en Suisse ? D’autres part la Kabylie a le droit de présumer que le butin de guerre remis par Muhand Ulhadj à Ben Bella puis récupéré par Houari Boumédiène figure dans ce fond. La Kabylie ne peut pas se taire devant ces scandales. Nous investiguerons jusqu’à mettre en lumière tous les coups foireux perpétrés contre la Kabylie et son peuple, y compris ceux commis au nom de l’islamisme et au nom de la raison d’Etat comme l’assassinat de Matoub Lounès.

A l’approche des élections présidentielles, prévues pour avril 2019, les relais du pouvoir en place s’agitent. Le but de toute cette manœuvre vise à faire taire l’une des rares voix libres, celle des indépendantistes kabyles, avant les élections présidentielle afin d’étouffer tout discours discordant de celui du pouvoir. Car sans une participation de la Kabylie, les élections en Algérie sont nulles et non avenues. D’autres parts, jeter le discrédit sur la tendance indépendantiste kabyle viserait à faire croire à l’opinion nationale et internationale que la Kabylie ne nourrit aucune aspiration sécessionniste. C’est cet enjeu qui fait perdre la tête aux dirigeants algériens et qui fait qu’ils surveillent la Kabylie comme on surveille le lait sur le feu.

Pour conclure, la Kabylie a appris à faire la différence entre ses enfants qui lui veulent du bien et ceux qui l’utilisent pour leurs enrichissement personnels. Le Peuple kabyle a tout entendu durant les élections précédentes, il ne fera confiance ni à l’Etat algérien ni aux Kabyles qui plébiscitent une Algérie hautement toxique pour la survie de notre peuple et de notre culture amazighe. Bien que censuré sur le territoire algérien depuis plusieurs mois, Tamurt continuera à porter les valeurs des peuples amazighs jusqu’à la libération de la Nation kabyle et de tous les peuples amazighs d’Afrique du Nord.
A travers ce procès, l’Algérie continue à entraver toute initiative allant dans le sens de la libération de la Kabylie. C’est pourquoi, cher lecteur, ton soutien forcera l’admiration de notre  combat.

La Rédaction