Mairie de Tizi-Ouzou : encore un prénom refusé à un nouveau-né kabyle

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Comme la clinique S’bihi est sise dans la circonscription communale de Tizi-Ouzou,SELYAN devait être inscrit sur le registre d’état-civil de la mairie de Tizi-Ouzou. Quelle ne fut la surprise du père répondant à l’appellation de Chabane Halim quand l’employée du service compétent en question lui fit savoir quelle ne pouvait inscrire l’enfant sur le registre de l’état-civil pour le motif que son prénom ne figurait pas sur la liste des prénoms algériens. Toutefois, l’employée appela son chef de service pour arrêter la décision qu’il fallait. Celui-ci, à son tour, avoua qu’il ne pouvait pas arrêter la décision d’inscrire un tel prénom sur le registre. Tout de même, il suggéra au père de l’enfant de s’adresser à la justice car, seule celle-ci est capable de trancher dans ce genre de cas.

C’est ainsi que le citoyen kabyle qui originaire du village de Sahel, commune de Bouzguène se retrouva devant le procureur de la république. Ce magistrat, après une longue réflexion, répondit par la négative au père de SELYAN. Cependant, celui-ci décida de faire valoir le droit de son enfant lequel est bien conforme à la déclaration universelle des Droits de l’enfant. C’est pourquoi donc il tenta de convaincre le magistrat. Celui-ci demanda alors à son interlocuteur de lui « apporter » un quelconque extrait de naissance mentionnant le prénom de « SELYAN ». Hélas, le citoyen Chabane Halim n’en trouva pas même s’il a effectué des recherches dans ce sens. C’est pourquoi, le procureur de la république maintient sa décision de refus.

Aussi, voilà presque 5 mois que cet enfant que ses parents ont prénommé SELYAN n’est pas inscrit au registre d’état-civil. En d’autres termes, officiellement SELYAN n’existe pas. Son père n’en désarme pas pour autant. En effet, il a décidé de porter l’affaire en justice pour faire valoir le droit de son enfant à un prénom, et ce, conformément à la charte universelle portant les Droits de l’enfant. De son côté, la section MAK de Sahel, alertée de ce cas d’iniquité, a décidé de soutenir le père de SELYAN en organisant un sit-in devant le tribunal le jour il examinera cette affaire. Notons en dernier qu’il n’y a qu’à Tizi-Ouzou où on refuse des prénoms sous prétexte qu’ils ne sont pas conformes à la liste des prénoms algériens.

Ce qui est curieux, c’est que beaucoup de prénoms qui sont loin d’être algériens mais à connotation arabe sont reconnus par l’administration algérienne. Et où le bât blesse, c’est souvent ces prénoms arabes reconnus comme « modernes » font penser à des leaders et des chefs d’organisations terroristes et criminelles.

Saïd Tissegouine