Maison de la culture de Tizi-Ouzou : Le FFS n’arrive même pas à remplir la petite salle

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Dans les années quatre-vingt-dix, le Front des forces socialistes animait ses meetings au stade Oukil Ramdane de Tizi-Ouzou devant des dizaines de milliers de sympathisants. Le dernier regroupement de ce parti dans la ville des genêts, samedi dernier, s’est déroulé, tenez-vous bien, dans la petite salle de la maison de la culture Mouloud Mammeri. Pis encore, la rencontre a eu lieu dans une salle clairsemée. Une grande partie des sièges était vide.

Le parti qui était la formation politique la plus importante en Kabylie dans les années quatre-vingt dix est réduit à sa plus simple expression aujourd’hui. C’est peut être ce qui explique qu’à chaque fois que le FFS organise un meeting à Tizi-Ouzou, son premier secrétaire ne rate pas l’occasion pour déverser son venin sur le Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie. Ce faisant, le FFS joue le jeu du pouvoir et espère ainsi en tirer les dividendes à l’occasion des élections municipales et législatives de 2017. Quand on sait qu’en Algérie, les résultats des élections sont fixés d’avance grâce à la politique des quotas, devenue un secret de polichinelle en Algérie, on devine aisément à quoi rime le jeu du FFS contre le MAK.

Les responsables du FFS, qui sont les premiers à connaitre le poids actuel du MAK en Kabylie, savent en revanche que dans l’Algérie du FLN, les citoyens kabyles importent peu et c’est plutôt ce qu’en penseront les dirigeants du pays qui va peser le plus pour l’avenir du parti. Mais l’histoire avance avec ou sans le FFS et ses divagations. Le FFS est devenu un  parti microscopique, qui courbe l’échine devant le pouvoir et marche ainsi allègrement sur les traces de son frère qui n’est désormais plus ennemi, le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), allié attitré des généraux algériens.

Mais la Kabylie des années 2016 n’est plus celle des années quatre-vingt-dix. Cette réalité, ce n’est pas évident que le FFS l’ait comprise. Et la marche du MAK le 20 avril dernier, où le FFS n’avait pas donné signe de vie, est la meilleure illustration. En attendant que d’autres événements dans l’avenir le confirment de plus en plus. Quant au FFS, il était une fois…

Tahar Khellaf