Maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou – Beau rendez-vous des pratiquants d’arts martiaux

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – En individuels ou par équipes, les pratiquants d’arts martiaux ayant honoré ce rendez-vous en hommage au fondateur de cet art martial, M. Duc Moc et M. Larvi, disciple du premier et le premier à introduire ce sport de combat en Algérie, ont exécuté de très belles exhibitions. Celles-ci se sont traduites par des katas (combats imaginaires), des combats contrôlés où un adversaire se retrouve à un, deux, trois et quatre adversaires.

Le maniement du bâton, du poignard et du sabre a été aussi mis en évidence par les équipes de démonstrateurs lesquelles sont, à l’instar du public, composées des deux sexes. Et sans la moindre exagération, les équipes sportives ont offert au public un Vô Viet Nam de très haut niveau. Ce qui pousse à la fierté et à l’encouragement, c’est surtout le jeune âge de ces sportifs. Le plus âgé d’entre eux ne doit guère dépasser 25 ans. Ceci laisse deviner que ces garçons et filles sont appelés à devenir à coup sûr dans seulement quelques années des experts en arts martiaux.

Il serait superfétatoire de noter que qu’après le football c’est l’art martial qui est le plus prisé en Algérie. Il serait erroné de croire que c’est l’apport de Bruce Lee ou Jackie Chan à travers le cinéma qui est à l’origine de l’amour porté aux arts martiaux par le public algérien. En effet, dès la décennie 1960, les arts martiaux, notamment le karaté, ont fait leur introduction en Algérie. Cependant, faute de moyens et, sans doute de motivations, rares les karatékas qui ont réussi à atteindre un haut niveau. Il faut reconnaître que la pratique des arts martiaux est loin d’être une sinécure. Chaque jour qui passe, il est exigé du pratiquant plus d’effort aussi physique que mental. Juste quelques années avant de mourir, M. Taiji Kase a déclaré : « A mon sens, il faut au moins 20 ans de pratique au pratiquant pour savoir oui ou non il désire faire carrière dans les arts martiaux ». Cela veut dire que la pratique des arts martiaux est un mode de vie.

Certains néophytes penseraient que l’intérêt de la pratique de l’art martial a trait directement avec le physique. Un expert vous dirait plutôt « la réussite à créer une parfaite symbiose entre le mental et le physique ». Dans l’Asie extrême, les moines du temple Shaolin étudient avec grande rigueur cette science où le spirituel et le physique font un excellent ménage. Dans le japon médiéval, pas quiconque pouvait devenir un Ninja (espion) tant l’effort physique et mental exigé du disciple était si grand. Pour être samouraï, il fallait non seulement être issu d’un certain rang proche de la noblesse mais il fallait aussi manifester des aptitudes physiques et mentales distinguées. En somme, il existe ce que l’on peut appeler « la Dignité du pratiquant d’arts martiaux ».

C’est pour cette raison que les véritables pratiquants d’arts martiaux ne courent pas les rues. Ne dit-on pas que pour avoir la dignité d’un pratiquant d’arts martiaux, il ne suffit pas seulement de pouvoir réduire en bouillie le crâne de quelqu’un d’un simple coup de poing ou de pied mais il faut surtout maîtriser la philosophie de l’art pardi !