MAK : la Coordination de Mekla installée aujourd’hui

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Le président du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), M. Bouaziz Aït-Chebib, a procédé aujourd’hui à l’installation de la Coordination-MAK de Mekla. Il s’agissait de trois postes à pourvoir ; à savoir la présidence de ladite coordination, le secrétariat à l’organique et celui du trésor. Et conformément aux statuts et règlements du MAK concernant le choix des compétences aux postes de responsabilités, les participants à cette rencontre ont choisi librement leurs représentants locaux.

C’est ainsi que M. Kamel Chetti a été choisi au poste de président. L’occupation du poste du secrétaire à l’organique, le choix fut porté sur la personne de G.T. La gestion de la trésorerie est revenue au nommé L.G. Juste après l’installation de cette coordination, M. Bouaziz Aït-Chebib a réitéré à l’adresse des désormais responsables les missions de chacun d’eux et les assurés de l’aide et du soutien inconditionnel de leur hiérarchie.

A noter qu’avant la cérémonie d’installation de la coordination-MAK de Mekla et devant un parterre de militants, le président du MAK a fait un tour d’horizon sur les objectifs à court, moyen et long terme du peuple kabyle, la situation politique générale de l’Algérie et du monde amazigh, les motifs légitimes de la Kabylie à exiger son autonomie et enfin un cours sur les différences existantes entre l’autodétermination et l’indépendance.

Concernant le premier point, le président du MAK a mis l’accent sur le rejet des élections, notamment les législatives que le pouvoir d’Alger a programmées pour le mois de mai prochain. M. Bouaziz Aït-Chebib a démontré que la participation de la Kabylie aux législatives ne ferait que renforcer son isolation et sa pauvreté car, du coup, le pouvoir d’Alger trouverait « la légitimité » dont il souffre tant pour l’exhiber à la communauté internationale. « Par ailleurs, explique le premier responsable de l’Exécutif du MAK, la loi votée à l’APN (assemblée populaire nationale) est d’une dimension nationale ; ce qui fait que la Kabylie serait diluée dans l’ensemble algérien mais aussi, les députés kabyles, même en s’associant, ne formeraient jamais un bloc majoritaire. En somme, même s’ils seraient sincères dans la défense des intérêts du peuple kabyle, leurs propositions seraient rejetées par le reste de l’assemblée ».
A la question posée par un militant sur la conduite à tenir par la famille militante et patriotique du MAK à l’endroit du Front des Forces Socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), Bouaziz Aït-Chebib a répondu aussitôt : « Le FFS et le RCD sont nos frères. Aussi, il faut les traiter comme tels ». Toutefois, l’orateur a mis en avant le principe et la logique selon lesquels les intérêts de la base militante d’un parti politique sont très différents de ceux de ses responsables. Pour appuyer le bien fondé de sa thèse, le président du MAK a cité l’exemple du FFS où la base militante a exprimé vivement son désir de boycotter les élections législatives prochaines alors que la direction du parti, pour ses propres intérêts, a décidé d’honorer ce rendez-vous électoral.

A propos du deuxième point, le président du MAK a souligné que la situation politique de l’Algérie est des plus lamentables. Le régime d’Alger est si mal en point en matière de légitimité et de perspectives d’avenir qu’il fait recours à la violence. Quant au monde amazigh, selon le président du MAK, il doit suivre l’exemple du MAK et persévérer dans cette voie. L’orateur a également signalé que la famille militante et patriotique du MAK a toujours soutenu les Amazighs dans leurs luttes comme c’était le cas pour les Amazighs de Libye et du Rif marocain. Quant à l’exigence de la Kabylie de son autodétermination, elle repose sur une multitude de raisons. L’identité et la culture, la laïcité et la libre pensée, le développement économique sont entre autres parmi une multitude d’autres.

En abordant le volet économique et social, un intervenant qui n’est autre qu’un ancien maire a apporté son témoignage suivant : « Une multinationale, spécialisé dans la fabrication du verre tout genre, et dirigée par un Kabyle qui y détenait 2/3 des actions a décidé de s’implanter à Azeffoun (Kabylie maritime). Les responsables de cette géante entreprise avaient prévu la création de I954 emplois directes dès sa mise en marche. Mustapha Benmansour, wali de Tizi-Ouzou de l’époque – c’était au cours des années I992- I993- a bloqué le projet en question, et ce, avec la complicité du maire de la commune concernée qui était issue du FLN (Front de Libération Nationale) ». M. Bouaziz Aït-Chebib qui reprend la parole cite un autre exemple. « En 2007, Rabrab a décidé de créer un complexe industriel du côté de Cap Djinet (Boumerdès) avec la création d’emplois directs dès la mise en marche des machines de l’ordre de I00.000. Jusqu’à ce jour, le pouvoir d’Alger a bloqué ce projet ».

Par ailleurs, selon le président du MAK, les feux qui ravagent les forêts et les vergers de Kabylie, l’implantation du béton sur des terres fertiles et propres à l’agriculture, la « persuasion » d’investisseurs à aller investir « ailleurs », l’insécurité et tant d’autres maux font partie du plan du pouvoir central d’Alger à maintenir la Kabylie sous son joug. L’orateur a affirmé qu’une fois l’autodétermination acquise, la Kabylie connaître un meilleur sort sur les plans économique et social. A propos de l’agriculture, M. Bouaziz Aït-Chebib a révélé que selon un bureau d’études hollandais, la terre de Kabylie, par sa composante, est la mieux indiquée pour la culture maraîchère. L’olive et son dérivé (huile), la figue et autres cultures arboricoles peuvent aussi être produites en énormes quantités en Kabylie. « Enormes quantités » sont des mots qui signifient que la Kabylie peut assurer l’exportation de ces produits ; ce qui laisse comprendre des rentrées en devises. Le président du MAK a démenti celles et ceux prétendant « l’économie de la Kabylie est sujette à caution.
Enfin, à propos du dernier point, le numéro un de l’Exécutif du MAK s’est adonné à un véritable cours pédagogique où les éléments du droit national et international et des sciences politiques sont mis en avant. En effet, par l’exploitation des contenus de ces deux sciences, M. Bouaziz Aït-Chebib a largement explicité les différences de taille existantes entre « l’indépendance » et « l’autodétermination ».

Concernant ce deuxième point, il a largement mis en avant aussi bien son historique ainsi que ses concepts. Et pour conclure, le premier responsable de l’Exécutif du MAK dira que seuls celles et ceux qui veulent anathématiser délibérément la famille militante et patriotique du MAK tentent de faire « l’amalgame » entre l’autodétermination et l’indépendance. Et pour bien mettre les points sur les « I », Bouaziz Aït-Chebib soulignera à nouveau que « l’indépendance » n’a jais été la revendication du MAK. « D’ailleurs, ajoute-t-il, nous avons toujours répété que sur le plan de la monnaie, la défense nationale et les affaires étrangères, la Kabylie sera toujours lié à Alger ».
En denier lieu, le président du MAK fera entendre à l’assistance attentionnée que le peuple kabyle a toujours nourri de la sympathie et de la fraternité envers les autres peuples de la planète. A propos des peuples et des Etats, l’orateur dira qu’il y a une différence non des moindres. « En effet, explique M. Bouaziz Aït-Chebib, la colonisation est l’œuvre d’Etats impérialistes mais jamais de leurs peuples respectifs ». « Entre les peuples, termine-t-il, il n’y a que la fraternité et l’amitié ».