Malaises à cause du jeûne : Les services des urgences des hôpitaux débordés

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ALGÉRIE (Tamurt) – Les services des urgences dans les hôpitaux algériens et les centres hospitalo-universitaires (CHU) sont pris d’assaut quotidiennement, quelques minutes après le ftour (rupture du jeûne au courant du mois de ramadan), par des citoyennes victimes de malaises divers occasionnés par le jeûne de ramadan.

Le personnel médical et paramédical est quotidiennement débordé par cette affluence record des malades et ils ne savent pas où donner de la tête à cause du nombre sans cesse croissant de citoyennes et de citoyennes qui ne respectent pas le minimum en matière d’hygiène alimentaire. Il s’agit, souligne un médecin en exercice,  aussi de personnes qui mélangent toutes sortes de nourriture à l’heure du ftour, allant de la chorba et du plat de résistance en passant par l’hors- d’œuvre, le bourek, la zlabia, le kelb louz, le couscous au lait, puis le café au lait avec des croissants et toute sorte de gâteaux hyper sucrés sans compter plusieurs verres de jus et de limonade ainsi que l’eau.

Ce n’est pas tout bien sûr. Le tout suivi de thé avec des cacahuètes. Il s’agit là du menu typique algérien pendant le mois de ramadan. Le tout est avalé en moins d’une demi-heure. Certains jeûneurs ne prennent même le temps de mâcher, souligne le même médecin qui affirme qu’il a reçu dans son service un malade qui a vomi un grand morceau de viande ! « Je suis resté stupéfait », ajoute notre interlocuteur qui est lui-même un musulman qui pratique le jeûne, mais sans s’adonner à autant d’excès et de folies.

Il y a lieu de souligner, en outre, que même pendant la journée, des centaines de citoyens sont évacués en urgence vers les hôpitaux également à cause du jeûne. Il s’agit dans ces cas de malades chroniques à l’instar des diabétiques et des hypertendus qui n’hésitent pas à observer le jeûne « par peur des châtiments de l’au-delà ». De nombreux Muphtis musulmans entretiennent, en effet, la confusion concernant le fait que les malades jugés dans un état d’incapacité de rester le ventre creux pendant plus de quinze heures sont autorisés à manger.

Ce qui fait que des milliers de malades observent le jeûne au détriment de leur santé voire au risque de mourir. Sans compter le risque évident de déshydratation qui se pose inéluctablement à toute personne, même non-malade, si elle restait plus de quinze heures sans boire aucune goutte d’eau. Le danger est plus accru concernant les personnes souffrant de calculs rénaux.

Tarik Haddouche