Malika Matoub huée et insultée par des milliers de supporters

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KABYLIE (Tamurt) – Malika Matoub, sœur du rebelle et également présidente de la Fondation Matoub-Lounès, depuis 20 ans, a pris un gros risque en allant assister au dernier match de la JSK disputé au stade de Tizi Ouzou. A peine a-t-elle été aperçue par les milliers de supporters du club kabyle, qu’elle a été prise à partie par ces derniers.

En effet, les milliers de supporters, et comme un seul homme, ont commencé à lancer une infinité de slogans hostiles à Malika Matoub laquelle, pour rappel, a « vendu la mémoire de Matoub Lounès au pouvoir algérien » que son frère n’a pas cessé de combattre jusqu’à la dernière seconde de sa vie. C’est la première sortie publique de Malika Matoub depuis sa rencontre avec Azeddine Mihoubi, ministre de la Culture qui a été chargé de jouer le rôle d’intermédiaire entre Malika Matoub et le président de la République Abdelaziz Bouteflika. C’est aussi la première sortie publique en Kabylie de Malika Matoub, après avoir accepté qu’un musée soit érigé à Taourirt Moussa par le pouvoir algérien suite à une directive de Bouteflika. On dirait que les milliers de citoyens kabyles présents au stade du 1er novembre n’attendaient que cette occasion pour déverser leur colère et leur fiel sur celle qui a trahi leur idole et chantre. Ceci est démontré par la spontanéité avec laquelle les milliers de fans de la JSK et de Matoub se sont élevés pour dire ce qu’il pense de Malika Matoub tout haut.

Même les slogans hostiles à Malika Matoub concordaient tous. Après cette « attaque » synchronisée de la part des supporters de la JSK, le programme de la présence de Malika Matoub au stade de Tizi Ouzou a été chamboulé à la dernière minute. Ainsi, Malika Matoub n’a pas pu suivre le match, comme prévu initialement dans la tribune officielle aux côtés du président de la JSK, Chérif Mellal. Malika Matoub, qui devait rester jusqu’à la fin du match afin de saluer et congratuler les joueurs kabyles, a quitté le stade sur la pointe des pieds au milieu de la deuxième mi-temps. C’est ce qui arrive quand on tourne le dos à tout un peuple et à tout un symbole, fût-il son propre frère. L’Histoire retiendra tout, faut-il s’en douter.

Tarik Haddouche