Manifestations anti-gouvernementales dans les montagnes pauvres du Rif

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MAROC (Tamurt) – Selon le Washington Post, des manifestations anti-gouvernementales dans les montagnes pauvres du Rif, au nord du Maroc, se sont propagées, après qu’un deuxième village se soit confronté à la police, occasionnant des blessés graves et 10 arrestations.

Des manifestations ont lieu depuis les 10 derniers jours dans le petit village de Béni Bouâyach suite à l’arrestation d’un militant local. Le dimanche, ces marches se sont propagées dans la ville voisine d’Imzouren.

La MAP a rapporté qu’un certain nombre de policiers avaient été blessés quand ils ont arrêté une marche protestataire à Imzouren en direction de Béni Bouâyach. Le rapport indique que des blessés graves, sans plus de détails.

Chakib Al-Khayari, un militant de l’association du Rif pour les droits de l’Homme, a indiqué que 20 policiers avaient été blessés dans les affrontements de dimanche, mais il n’a pas les chiffres des habitants civils blessés. « Nous ne connaissons pas le nombre des blessés parce qu’ils ne peuvent pas aller à l’hôpital, de peur d’être arrêtés », a-t-il dit a l’Associated Press, par téléphone.

Les montagnes du Rif au Maroc, parallèles à la côte méditerranéenne, sont l’une des régions les plus pauvres du pays et elles ont été historiquement marginalisées avec toujours très peu d’investissements publics.

Le 2 mars, des policiers en civil avaient arrêté Benchaïb Bachir, un dirigeant de la section locale du Mouvement pro-démocratie du 20 février, alors qu’il sortait de la mosquée après la prière du soir. La MAP décrit Benchaïb comme un membre d’un gang local, violent et impliqué dans des vols et d’autres activités criminels.

Pendant les jours qui ont suivi, les partisans de Benchaïb ont manifesté pour sa libération, bloquant la route de la ville portuaire d’Al Hoceima (450 kilomètres au nord est de Rabat), et ont observé des sit-in devant le poste de police et des bâtiments gouvernementaux.

À partir du mercredi, la police a commencé à disperser les manifestations avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau, puis a lancé une campagne d’arrestations. Les affrontements avec les forces de sécurité se déroulent généralement la nuit, a dit M. al-Khayari, qui estime que quelques 24 personnes avaient été arrêtées.

« J’avais prédit que les protestations, qui incluaient des demandes pour les raccordements d’électricité et d’eau dans leur village, se poursuivraient. Les gens réclament leurs droits et une vie meilleure », a dit Al-Khayari. « Dans cette région, les gens n’ont rien ».

Les montagnes du Rif étaient une république indépendante dans les années 1920, jusqu’en 1926, année de la reconquête de cette région par les Français. Après l’indépendance du pays, le Rif s’était soulevé contre le nouveau gouvernement central marocain en 1958, avant que la rébellion ne soit écrasée.

Les habitants sont principalement des berbères, des populations originelles d’Afrique du Nord et disposant de leur propre langue ; et lors des manifestations, des drapeaux de la République du Rif avaient flotté, ainsi que le drapeau du mouvement berbère à l’échelle de toute l’Afrique du Nord.

Tamurt.info