Le Maréchal Al-Sissi : de la caserne à la présidence… à vie

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General Al-Sissi, Egypte
General Al-Sissi, Egypte

EGYPTE (Tamurt) – Dans la majorité des pays du tiers monde, et malheureusement même chez nous en Kabylie, celui qui accède à un poste de responsabilité il ne le lâche jamais. Les mots démission, alternance, retrait, retraite, etc. ont disparu de notre vocabulaire.  Qu’il soit président de la république, chef d’un parti politique, président d’un club de foot ou de l’association de l’oasis de Sidi Abderkader Djillali, nos dirigeants, imbus de leur personne, s’éternisent au pouvoir. C’est le cas apparemment du tout nouveau pharaon d’Egypte, Abdel Fattah Al-Sissi

Militaire de carrière, Al-Sissi était directeur des services de renseignements militaires sous Hosni Moubarek. La gestion catastrophique des affaires économiques par la secte des frères musulmans, alliés du Qatar, après la révolution égyptienne de 2011, précipite le retour des militaires sur la scène politique. Avec l’aide de l’Arabie saoudite, le maréchal Al-Sissi chasse du pouvoir le président islamiste Mohammed Morsi à l’été 2013. Il se présente à un simulacre d’élections en mars 2014, qu’il reporte comme tous les dirigeants des républiques bananières à 96,1 %.

Devenu chef de l’État, le maréchal dirige le pays d’une main de fer. Il a méthodiquement laminé toute opposition en emprisonnant des centaines de journalistes et d’intellectuels sous prétexte de lutte contre les islamistes, tout en encourageant les écoles et les médias égyptiens à les produire en quantité industrielle. Selon plusieurs observateurs, le maréchal, qui est littéralement passé des casernes à la présidence sans aucune éducation politique,  rejette la présence de concurrents potentiels et le concept de la démocratie. Pis encore, le maréchal a une haine viscérale de l’idée même de la politique, faite de compromis et de négociations. Sa mégalomanie et sa paranoïa expliquent d’ailleurs l’élimination de tous les candidats sérieux aux présidentielles du 26 mars prochain. Les plus spectaculaires et celles de Ahmed Chafiq et Ahmed Konsowa.

L’ex-Premier ministre Ahmed Chafiq avait annoncé sa candidature en novembre 2017 depuis les Émirats arabes unis où il vivait. À son arrivée en Égypte début décembre, il a disparu pendant environ 24 heures, avant d’annoncer qu’il renonçait.

Le colonel Ahmed Konsowa s’était lui retrouvé en prison juste après avoir annoncé sa candidature fin novembre. Par la suite, il avait été condamné à six ans de prison pour « comportement nuisant aux exigences du système militaire ».

Le seul « concurrent » toléré par la police politique égyptienne, est un certain Moussa, chef d’un parti fantoche à l’image de celui de Naima Salhi et de la majorité des partis politiques algériens crées par le DRS. Le lièvre du maréchal arborait jusqu’à récemment un portrait de Al Sissi sur sa page Facebook.

Vive la démocratie du maréchal!

Gaya C

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