Maroc : Pour que la langue amazighe soit officielle dans une constitution démocratique

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MAROC (Tamurt) – Il ne sert à rien de proclamer dans la constitution que la langue amazighe est une langue nationale, reconnue comme vecteur de communication sociale, comme prévoient de le faire quelques décideurs connus pour leur discrimination à l’égard de notre langue. La langue amazighe est déjà de fait nationale depuis des millénaires sur ce territoire.

Par contre, le statut de langue officielle est censé la protéger contre toute tentative de minoration politique, juridique et sociale puisqu’elle devrait être, avec l’arabe, la langue par laquelle se réalise l’ensemble des activités publiques dans des cadres de type administratif, politique, culturel, social et éducatif clairement délimités. Devenant obligatoire dans l’enseignement et ayant une place honorable dans les médias, la langue amazighe officielle c’est la possibilité pour chaque citoyen de s’adresser aux institutions nationales et politiques dans la langue amazighe, d’avoir le droit de l’employer dans toutes relations avec les pouvoirs publics, à tout moment de la vie et dans tous les domaines. C’est aussi l’obligation faite aux pouvoirs publics de l’employer à tout moment. Et c’est seulement à ce prix là que pourra être assurée une coexistence pacifique dans l’avenir.

Lorsqu’on parle de la langue amazighe, il s’agit bien évidemment de la langue amazighe à part entière : la langue standard enseignée à l’école et toutes ses variantes que l’on retrouve dans la littérature, le théâtre, le cinéma, la chanson et les médias. Avec l’arabe langue officielle dans la constitution, n’utilise t-on pas l’arabe classique à l’école, le standard dans les médias et la darija dans l’enceinte des institutions publiques, ainsi que lors des débats publics et privés ?

En conclusion, considérant comme indissociables les questions linguistiques, économiques et sociales, la lutte pour notre langue et notre culture amazighes est donc pour nous un combat politique de premier ordre contre les pratiques transgressant les droits les plus élémentaires et toujours invariablement hostiles à la cause amazighe. En condamnant vigoureusement cette politique d’exclusion et d’apartheid actuelle à l’encontre de l’Amazighité, nous affirmons par conséquent notre volonté de continuer notre combat jusqu’à l’aboutissement de nos revendications justes et légitimes, avec comme slogan essentiel, pas de référendum sans la langue amazighe officielle dans une constitution démocratique.