Matoub : Boualem Sansal a été le 1er romancier à le citer dans ses romans « Il s’agit là de l’hommage du plus grand écrivain algérien au plus grand chanteur kabyle »

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ALGERIE (Tamurt) – En plus de son talent littéraire bouleversant et de sa maitrise exceptionnelle de la langue française, le romancier Boualem Sansal a aussi de nombreuses qualités qui constituent l’ossature de tout vrai écrivain, digne de ce nom. L’une de ces qualités, qu’on retrouve rarement chez les écrivains algériens, c’est incontestablement son courage et son honnêteté intellectuelle.

C’est donc, sans surprise, que Boualem Sansal est le premier romancier algérien a avoir cité le grand Matoub Lounès, poète, chanteur et le plus grand militant de la cause berbère et de la Kabylie dans son œuvre. Dans son tout premier roman, l’impressionnant « Le serment des barbares », paru en 1999 chez la plus grande maison d’édition francophone, à savoir Gallimard, Boualem Sansal cite Matoub Lounès à deux reprises. La première fois, Boualem Sansal parle du Rebelle nommément et la seconde fois, quelques pages plus loin, Boualem Sansal en parle en qualifiant le poète assassiné, à juste titre de dernier chanteur libre : « Le dernier chanteur libre a été assassiné ».

Boualem Sansal, en évoquant Matoub Lounès dans son premier roman, salué à l’unanimité par toute la critique littéraire française (et ayant aussi fait partie de la liste finaliste du Prix Goncourt) a fait preuve d’honnêteté et de courage. Même si la gloire de Matoub était déjà établie à l’époque, mais l’hommage de Boualem Sansal, n’a pas été du tout de trop car il s’agit là de l’hommage du plus grand écrivain algérien au plus grand chanteur kabyle. La valeur du geste de Boualem Sansal à l’égard du Rebelle est d’autant plus importante car Matoub a de tout temps été ignoré par les pseudo-intellectuels algériens et même kabyles qui  le méprisaient pour des raisons évidentes.

Le fait qu’un écrivain de la trempe de Boualem Sansal dont tous les romans sont des chefs-d’œuvre et ont été primés, rende hommage au symbole de la Kabylie et de l’amazighité ne fait que rehausser sa valeur dans le cœur de tous les kabyles. Après Boualem Sansal, d’autres écrivains algériens ont aussi consacré des passages sincères dans leurs romans pour parler de Matoub. On peut citer entre autres Ali Malek et Arezki Hamdad mais aussi les auteurs qui ont écrit carrément des livres sur le Rebelle à l’image de Yalla Seddiki, Abderrahmane Lounès, Smail Grine, Rachida Fitas…

Tahar Khellaf