Maxlufi, un amazigh qui se renie

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MAKHLOUFI Taoufik

ALGERIE (Tamurt) – Au moment où des Chaouis, fiers de leur origine amazighe, restaurent la statue de la reine des amazighs, Dyhia, que les arabo-musulmans ont brulé par pur racisme envers cette grande Dame symbole de la résistance contre l’invasion des hordes islamiques de l’Afrique du nord, un autre chaoui, auréolé par une médaille d’argent aux jeux olympiques de Rio, se renie, toute honte bue, en dédiant celle-ci, non pas au pays de ses ancêtres amazighs, mais aux pays arabes et musulmans.

Quant on sait que l’Algérie est peut être un pays à majorité musulmane mais pas du tout un pays arabe, on doute fort bien que ce renégat, à plaindre, mérite nos applaudissements. En tout cas pas les miens. Par quelle imposture, par quelle alchimie, par quelle manipulation biologique le pouvoir algérien a-t-il pu fabriquer des citoyens sans culture, sans racine et sans honneur ? Comment, du haut d’un podium aussi prestigieux que celui des olympiades, un citoyen algérien (je lui concède volontiers ce droit) peut-il dédier sa médaille à des pays étrangers sans être inquiété par ceux qui l’envoient à coup de milliards les représenter. Comment un Amazigh algérien, avec un drapeau algérien (je lui concède encore ce droit) peut-il se permettre d’honorer des pays autres que le sien ?

 Le système FLN a produit des monstres, des apatrides, des zombies au service d’une chimérique nation arabo-musulmane qui n’a de réalité que le nom. Comment Mexlufi, un coureur du demi-fond,  puisque c’est de lui qu’il s’agit peut-il se revendiquer d’une nation arabo-musulmane qui a assassiné ses ancêtres et annihilé sa culture et sa civilisations ? La Kabylie a trop enduré en portant le combat amazigh à bras le corps durant des décennies. Mais aujourd’hui, elle a le droit de douter de la sincérité des autres régions berbérophones à porter ce combat de réappropriation de l’identité amazighe.

A moins que les citoyens de ces dernières ne se soulèvent réellement pour exister avec nous et nous prouvent par les faits cet attachement viscéral à la cause identitaire, la Kabylie a le droit de réclamer son affranchissement d’une mystique nation avec laquelle elle ne partage rien. Ni les valeurs, ni les aspirations ni rien du tout. L’Algérie se « daichise » par ses institutions et la Kabylie, n’en déplaise au pauvre Mexlufi, ira toujours dans le sens de sa libération quelques soit le prix à payer pour paraphraser notre illustre Mouloud Mammeri.

Masslin