Meurtre de Nihal Si Mohand : Une famille éplorée et une Kabylie trahie

12
Famille Si Mohand

ALGERIE (Tamurt) – Le pire pour la famille Si Mohand c’est de perdre une fillette de quatre bougies soufflées et de ne jamais croiser son sourire le matin au réveil. Un sourire d’Ange qu’aucune âme sensible ne peut oublier.

En effet, le rêve pour cette  famille éplorée venue de la région d’Oran aux Ouacifs pour partager la joie d’une autre famille qui célébrait un mariage s’est transformé en drame indescriptible durant quelques jours avant de finir carrément en cauchemar insoutenable. Comment un humain doté d’un cœur qui bat et d’un cerveau qui réfléchit peut-il s’en prendre à un bourgeon de fille à peine sur ses pieds de manière aussi brutale et aussi sauvage ? Quelle raison peut-elle conduire un homme, une femme à devenir un monstre l’espace d’un forfait inqualifiable ? Quel motif peut-il conduire un être humain à s’en prendre à la vie d’un ange immaculé qui commence juste à croquer la vie avec ses dents de laits disparates ? Comment un être humain peut-il réclamer son humanité quand il ose attenter à la vie d’un enfant qui ne demande qu’à vivre sa vie avec l’insouciance des premiers pas post-partum ?

Qu’il est dur de croire qu’en terre de Kabylie, si hospitalière, si généreuse et si douce avec ses enfants, existe un monstre sans scrupules ni humanisme pour s’attaquer à un bourgeon en plein éclosion. Je ne tire aucune conclusion, j’espère seulement que ce n’est pas vrai ! « Malheur à celui qui blesse un enfant » dixit Enrico Macias, cet autre enfant d’Algérie que l’on tue à petit feu en lui interdisant l’entrée à son pays natal. Même en étant corps et âmes avec la famille Si Mohand avec laquelle nous voulons partager la douleur et la rage, avec laquelle nous partageons les larmes et les souffrances, nous ne pouvons jamais atténuer le fardeau de la bêtise humaine qui l’écrase injustement sans connaitre la raison du mauvais sort qui s’abat sur elle au moment où elle l’attend le moins. Mais il reste que la plus grande des souffrances, la plus béante des cicatrices qui  anéantiront pour longtemps cette famille qui reçoit le ciel sur la tête en ces moments de fête et de joie dans tout le pays, c’est de ne pas recevoir une  réponse  rapide et convaincante à son cri, à son râle : Pourquoi ? Oui ! Le procureur de la république prés du tribunal des Ouacifs doit apporter des réponses à ce drame inimaginable pour le commun des mortels.

La gendarmerie qui quadrille la Kabylie de bout en bout doit montrer son utilité pour le citoyen de cette région où toute forme de banditisme se pratique au grand jour. Sinon à quoi bon ? L’heure pour l’instant est à la solidarité avec la famille Si Mohand mais nous reviendrons sûrement sur la présence intensive des services de sécurités en Kabylie. En effet, après des jours d’attente insoutenable suite à sa disparition, la petite Nihal est retrouvée morte dans des circonstances non encore élucidées selon les déclarations du procureur du tribunal des Ouacifs. Le mystère reste donc entier. La responsabilité des pouvoirs publics reste entière tant que la lumière n’est pas faite sur meurtre abject. La Kabylie demande une enquête sérieuse et prompte  pour qu’encore une fois ce dossier ne se retrouve pas comme tant d’autres dans les tiroirs noirs  d’une justice injuste et inefficace. Le meurtre  de cette petite fille kabyle ne doit rester impuni.

Masslin