Droit de réponse de Mourad et Feriel Ait Ahmed, organisateurs du concours Miss Kabylie

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Miss Kabylie Droit de réponse de Mourad et Feriel Ait Ahmed
Tartag Tinhinane

(Droit de réponse de Mourad et Feriel Ait Ahmed à Tamurt) – Les commentaires déplacés et les propos inconsidérés, injurieux et calomnieux à notre encontre consécutivement à un fait parfaitement anodin nous amènent à réagir par ce communiqué que nous portons à la connaissance du public qui a le droit d’être informé.

En effet quoi de plus banal qu’une jeune fille qui se présente pour la première fois de sa vie sur un plateau de télévision que d’être stressée et d’avoir peur de perdre ses moyens face aux caméras d’un studio lorsqu’elle sait qu’elle est très attendue. Il est tout naturel qu’elle choisisse de rassembler ses moyens pour faire face à une situation que d’aucun ne peut affronter sans une grande appréhension sinon des angoisses et certainement un énorme trac.

Mais voilà il s’agit de Miss Kabylie fraichement élue à l’issue d’un concours qui fait rêver bien des jeunes filles de nos montagnes et nos villes. Des filles qui n’aspirent qu’a une chose,  sortir de l’ombre et de s’ouvrir des horizons que les conditions de vie locales tendent souvent à assombrir ! Et voilà se sentant mal à l’aise dans la langue de ses parents elle choisit de s’exprimer dans la langue de l’émission ! Non pas qu’elle renie la langue de ses parents ni elle ne l’aime pas ou ne la défend pas. Sinon pourquoi se présenter à un concours qui énonce clairement que la condition sine qua non pour se porter candidate est de parler la langue dont le concours porte le nom.

Et voilà que ce fait tout à fait anodin est l’occasion pour certains esprits malveillants de s’adonner à leur exercice favori à savoir la pratique de l’insulte la critique et le dénigrement gratuits.  Pour d’autres c’est l’occasion de régler des comptes ou encore de donner libre expression à leurs jalousies et autres sentiments dégradants du genre humain. Des pseudo journalistes se sont même mis à fouiller dans les poubelles des archives de l’histoire désormais longue et glorieuse de l’événement Miss Kabylie pour essayer de ressortir des histoires auxquelles seuls leurs inventeurs pouvaient faire semblant d’y croire !

Parmi cette meute il ya certains – que nous ne citerons pas pour ne pas leur faire une publicité qu’ils ne méritent pas –  sont aller jusqu’à presque vouloir dire que l’événement Miss Kabylie est une initiative de la Direction de la Culture de Tizi-Ouzou qui mettait donc à sa disposition la salle de la maison de la culture Mouloud Mammeri avant de l’éjecter. Il ne manquait plus à ces gens d’écrire que Ould Ali – pour dire son nom explicitement –  une personne que tout le monde connait était le promoteur de l’événement. Il serait ainsi le premier défenseur de la culture et de la langue kabyle. Les fondateurs de Miss Kabylie ne  seraient que des exécutant qui faisaient mal leur travail en le déviant de son objectif initial.

 Bien entendu ces pseudo journalistes et autres commentateurs au rabais ne reprennent que les oui dire qui arrangent leurs propos abjectes. Jamais ils n’ont mis les pieds à l’événement, jamais ils n’ont demandé l’avis des organisateurs, jamais ils ne sont intéressés aux candidates et à leurs famille ! Non rien de tout cela ! Ils ne savent pas par exemple que lors des dernières éditions Miss Kabylie organisées à la maison de la culture le responsable de la salle a volontairement fait entrer des perturbateurs tout en retirant le service de sécurité alors que l’accès à l’événement était strictement réservé aux familles avec un invitation nominative et individuelle et que la salle était déjà pleine. Ces commentateurs des bas étages préférent ainsi faire l’éloge des perturbateurs et dénigrent les organisateurs.

Pire encore certains commentaires ont ressorti des poubelles les ragots de quelques aigris d’un événement qui suscite plus d’espoirs qu’un tel concours ne peut offrir pour des raisons évidentes d’un financement qui a toujours fait défaut pendant que l’argent public est parfois utilisé à des fins pas toujours bien comprises par les citoyens lambda que nous sommes. Mettre en doute l’honneur des jeunes filles est une ignominie dont seuls sont capables que  des esprits irresponsables et inconscients des conséquences des tels propos sur des jeunes filles qui risquent de perdre confiance dans toute instance ou organisation. C’est également une insulte aux familles et aux parents qui donnent leur accord aux filles et qui les accompagnent tout au long de leur participation à un concours qui s’est toujours déroulé en toute transparence.

Comme à notre accoutumé nous n’allons pas suivre ces esprits malveillants sur leur chemin tortueux qui finalement ne mène nulle part . Râler , crier, dénigrer, calomnier, …. et tous ces comportements négatifs ne font pas partie de notre devise de vie.

Pour les gens de bonne foi et les personnes responsables c’est à dire ceux qui nous intéressent ici  et ils sont les plus nombreux, notre kabylité ne souffre d’aucune contestation. L’idée même de l’évoquer est parfaitement incongrue. Même nés à Alger nous respirons kabyle, nous mangeons kabyle, nous parlons kabyle, nous vivons kabyle …. La vie, notre vie est ainsi faite et cela nous convient parfaitement. Ce n’est pas un hasard si nous œuvrons pour la valorisation et la promotion de la culture qui nous a donné notre éducation et qui a fait de nous ce que nous sommes. Nous le faisons avec nos capacités , facultés et moyens. Nous avons choisi le domaine que nous connaissons le mieux, celui de la mode et de la création manuelle et intellectuelle.

Qui oserait dire aujourd’hui que Miss Kabylie ne contribue pas à la valorisation des tenues et de l’artisanat kabyles ? Toutes ces couturières à qui l’événement à permis de mettre sous les feux des projecteurs le fruit de leur travail souvent de qualité mais qui manque d’occasion de se faire voire . Toutes ces mains habiles qui travaillent dans les coulisses d’un concours pour valoriser un artisanat qui se perpétue en  se renouvelant et en se modernisant. Et toutes ces jeunes filles qui toutes sans exceptions  ont connu un avant et après l’événement Miss Kabylie !

Mais ce qui est important pour nous ce n’est point le passé mais l’avenir. L’important est de voire ce qui  peut encore être fait en mieux et en plus toujours en adéquation avec nos convictions. S’il y a un point important qui a été soulevé par ce tôlé qui n’avait pas lieu d’être c’est sans doute cette question fondamentale du lien entre la pratique de la langue et l’appartenance à la communauté ou culture kabyle.

En d’autres termes faut-il parler kabyle pour être kabyle. Cette question doit aussi être formulée autrement. Suffit-il de parler kabyle pour être kabyle. Pour reprendre les cas explicitement cités dans cette cacophonie, est ce que Zinedine Zidane qui ne parle pas kabyle est kabyle ? Il n’est pas le seul dans ce cas et pas seulement en France ou dans d’autres pays étrangers. A Tizi-Ouzou même la capitale de la Kabylie dit-on ou encore à Bejaia pour ne citer que les villes dites kabyles, combien de jeunes et même moins jeunes gens ne parlent pas kabyle. Sont-ils kabyles ou pas ?

Bien entendu il ne nous appartient pas de trancher dans ce vrai débat culturel dont les dimensions vont au delà d’un simple concours de beauté. Les liens entre la langue et la culture sont très complexes. Mais il est clair que pour notre part nous préférons contribuer à faire revenir vers le kabyle cette génération qui a parfois tourné le dos à cette langue et cette culture pour des raisons qui ne peuvent pas être invoquées ici. Si le concours Miss Kabylie contribue d’une manière ou d’une autre à ce mouvement alors nous considérons qu’il fait œuvre utile. Rendre attractives des tenues,  des bijoux … c’est à dire finalement des éléments d’une culture que même les instances internationales pensent condamnées est pour nous un motif de fierté !

Comme nous l’avons déjà dit il y a des gens qui font et d’autres qui regardent le train passer, ceux qui agissent et ceux qui critiquent pour critiquer, ceux qui avancent et ceux sont assis à attendre on ne sais toujours pas quoi…. Nous, nous faisons partie des premiers. Alors laissons les aboyeurs s’adonner à leur activité favorite et continuons à travailler pour le bien de notre artisanat et  de notre bien être tout simplement. De toute façon le dicton dit qu’on ne peut plaire à tout le monde !

Mourad et Feriel Ait Ahmed, organisateurs du concours Mis Kabylie