Mois de ramadan en Kabylie : Les Ath Waguenoun défient les autorités !

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – La région d’Ath Waguenoune, au nord de Tizi-Ouzou, est la première localité à franchir un grand pas vers la liberté et l’autonomie en Kabylie. Les villageois tiennent tête aux autorités locales au point d’affaiblir leur pouvoir. De Tikoubaïne à Voudjima3, se sont les comités de villages qui décident et qui imposent leur loi. Alors qu’un peu partout en Kabylie on souffre de la persécution des services de sécurité, le vent d’espoir et de liberté ne quitte jamais la région, en dépit de fortes contraintes et aléas socio-économiques.

Premier indice pour le premier visiteur qui se rend pour la première fois à Tikoubaïne, Les plaques de signalisation sont en langue Tamazight et les écrits en langue arabes sont bannis. Ce qui frappe aux yeux et qui est même étonnant, la liberté de culte et la culture de tolérance et de laïcité qui règne à Ath Waguenoune.
Même durant ce mois de ramadhan, les restaurants, les cafés et les bars ont grandement ouverts leurs portes. On sert de tout comme durant le reste de l’année.
Les clients savourent leurs bières sereinement au vu et au su de tout le monde. Ils ne sont jamais inquiétés. « Je suis musulmans et pratiquants depuis mon jeune âge et l’ouverture de ces commerces, même les bars, durant le mois sacré nous nous dérange aucunement nous les fidèles. Nous somme même contre leur fermeture. Celui qui veut aller dans un bar peut y aller et celui qui veut pratiquer sa religion personne ne l’en empêche. C’est sur la base de ce principe que nous vivons en harmonie depuis des siècles à Ath Waguenoun », nous déclara un vieux rencontré à Tikoubaïne.

La communauté chrétienne pratique son culte à Ath Waguenoun dans la liberté la plus totale. Les églises accueillent les fidèles. On se croirait presque dans un pays laïc européen. Seul bémol, les habitants d’Ath Waguenoun ont des difficultés à convaincre les musulmans à retirer des mosquées les haut-parleurs qui causent des nuisances sonores, surtout la nuit. L’exemple de cette région est à méditer. C’est ainsi que les Kabyles veulent vivre dignement dans leur pays.

Youva Ifarwen