Montée en puissance de l’option autonomiste

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KABYLIE (Tamurt) – Suite à la démonstration exécutée avec brio par les forces patriotiques et militantes du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) le 20 avril dernier à l’occasion de la célébration du 30ème anniversaire du printemps kabyle où il a été rappelé que la liberté du peuple kabyle est un droit inaliénable et rentre désormais dans un processus irréversible, le pouvoir d’Alger est pris de panique. Sa panique est telle qu’il a décidé aussitôt d’actionner ses relais de tous bords. En effet, le mouvement citoyen des aârchs, après un sommeil plus long que celui d’une centaine de marmottes réunies, s’est soudain réveillé pour commémorer, semble-t-il, ce qu’on lui a désigné comme « printemps amazigh ».

Cette manifestation préparée à la va-vite dans le laboratoire a eu pour théâtre Aïn-Bénian. Nos lecteurs doivent savoir que cette pseudo-commémoration s’est déroulée, hier samedi 24 avril, soit 04 jours après l’anniversaire et n’a réuni qu’une centaine environ de « manifestants ». Et curieusement, les services de l’ordre l’ont réprimée. La presse, fortement présente et consciente ou non des enjeux, a naturellement fait son travail. Le lendemain, tous les titres de la presse relèvent « les interpellations ». Et aussitôt la nouvelle parvenue à Tizi-Ouzou, la Coordination des Aârchs, Daïras et Communes (CADC) a décidé de programmer une assemblée générale pour le 04 mai prochain au niveau de son siège, sis à la rue Haddadou (Tizi-Ouzou). Le même jour, soit samedi dernier, Louiza Hanoune anime une conférence-débat à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.

Avec sa voix rogomme, la présidente du Parti des Travailleurs (PT) « dénonce » la politique du MAK et crie à la faible assistance l’ayant accompagnée à Tizi-Ouzou à partir d’Alger que l’autonomie de la Kabylie n’est pas réalisable. La première dame du PT a pris également soin d’apprendre sa récitation. En effet, dans le style stéréotypé, Louiza Hanoune dont le manifeste de Karl Marx lui est totalement inconnu a déclaré que le projet d’autonomie de la Kabylie est initié par des puissances étrangères.

Encore le même jour et cette fois-ci aux Ouadhias, Karim Tabou a à son tour tiré sur les animateurs du MAK. Le premier secrétaire du FFS, après avoir cassé le parti qui, à un moment donné, avait bien des assises en Kabylie, se croit capable de casser la dynamique du MAK. « Pour revendiquer l’autonomie, il faut être d’abord soi-même autonome », a clamé le premier secrétaire du FFS. Ainsi, les résultats nuls obtenus par le journal Echourrouk suite à ses fariboles et fadaises du jeudi dernier, le pouvoir a préparé une nouvelle recette. Celle-ci, comme toutes ses précédentes, est insipide et inodore.

Les forces politiques de la Kabylie doivent comprendre que si les militants du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), avec toute l’organisation et les moyens dont ils disposent, ont fait un score nettement inférieur à celui du MAK le 20 avril dernier, il ne leur reste alors qu’à s’incliner devant la réalité, à savoir s’assoir à la même table et entamer les discussions sur l’avenir de la Kabylie. A quoi bon faire reculer cette échéance inévitable ?

Said Tissegouine

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