Multiplication des foyers de tension en Algérie, le silence intrigant d’Ahmed Ouyahia

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Ahmed Ouyahia
Ahmed Ouyahia

ALGERIE (Tamurt) – Depuis plusieurs semaines, toute l’Algérie est sur un brasier suite au déclenchement d’une infinité de mouvements de protestations dont certains sont illimités. De ce fait, plusieurs secteurs sont à l’arrêt depuis des mois déjà. C’est le cas du secteur de la santé suite à la grève des médecins résidents et de celui de l’éducation suite à la grève des enseignants initiée par le syndicat autonome le Cnapeste.

Il y a eu aussi la grève à l’aéroport d’Alger, les commerçants et la liste est encore longue. Mais, ce qui es intrigant, c’est le fait que, bien que la situation a tout l’air d’être grave et bloquée, Ahmed Ouyahia, en sa qualité de Premier ministre n’a pas réagi à ces vagues de colère laissant ses ministres jouer désespérément aux pompiers. Ahmed Ouyahia, malgré ses nombreuses sorties médiatiques de ces derniers temps ne s’est pas exprimé sur ces foyers de tensions et il ne s’est pas impliqué, comme la logique l’aurait dicté, pour désamorcer cette crise.

On se dirige vers une année scolaire blanche et le Premier ministre ne fait rien pour l’empêcher. C’est quand même mystérieux. Cette attitude a poussé même plusieurs observateurs en Algérie à se poser des questions sur le silence d’Ahmed Ouyahia. Le fait que ces mouvements de protestation pourraient avoir un lien avec le bras de fer au sommet de l’Etat concernant le choix du futur président expliquerait-il le silence d’Ahmed Ouyahia ?

Surtout quand on sait que ce dernier est un sérieux candidat potentiel. Un candidat qui serait imposé par les généraux qui ont toujours été derrière lui. Lors d’une récente déclaration, Djamel Ould Abbès, frère-ennemi d’Ouyahia, a déclaré clairement que les mouvements de protestation en question sont provoqués sciemment et ils sont en rapport direct avec les élections présidentielles de 2019. Il y a lieu de rappeler d’ailleurs qu’à chaque veille d’élections présidentielles en Algérie, la rue s’embrase. Il suffit de jeter un regard sur le rétroviseur de l’histoire récente pour s’en rappeler.

Tahar Khellaf