Mustapha Mazouzi (ANR) à la maison de la culture de Tizi-Wezzu : « Ahmed Ouyahia est un menteur et Abdelaziz Belkhadem est un terroriste »

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TIZI-OUZOU (Tamurt) – Le rendez-vous de Mustapha Mazouzi avec la population eut lieu donc, hier à 17 heures. Signalons d’emblée que Mustapha Mazouzi n’a pas eu la langue dans la poche. Il a été dur envers les deux partis politiques kabyles, à savoir le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) et le Front des Forces Socialistes (FFS) et d’une extrême virulence à l’égard de l’ex-Alliance présidentielle (Mouvement de la Société pour la Paix (MSP), le Rassemblement National Démocratique (RND) et le Front de Libération Nationale (FLN). La tête de liste de l’Initiative Citoyenne ira jusqu’à traiter de « menteur » Ahmed Ouyahia et de « terroriste » Abdelaziz Belkhadem.

Dans le but de garder la consistance et la dimension de l’intervention de Mustapha Mazouzi, et surtout dans le souci de rapporter fidèlement cet événement, nous jugeons utile de commencer ce présent article dans son ordre chronologique.

Après l’écoute de l’hymne national algérien, Mustapha Mazouzi s’adresse à l’assistance pour lui dire que « cette rencontre est à considérer comme familiale et conviviale ». Aussitôt, la tête de liste de l’Initiative Citoyenne de Tizi-Wezzu commence à présenter certaines célébrités footballistiques et sportives aussi bien de la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK) et que clubs locaux à l’instar du club d’Ath-Douala et Azeffoun. D’ailleurs, pour leurs « bons résultats », les clubs d’Ath-Douala et Azeffoun ont été récompensés d’une coupe à titre de reconnaissance. L’entraîneur d’Ath-Doula s’est vu remettre le trophée par un joueur de la JSK et le représentant du club d’Azeffoun a reçu le sien des mains de l’entraîneur d’Ath-Douala. « Je tiens à dire que ce geste, lance Mustapha Mazouzi, n’est pas à inscrire dans le cadre politique ». Quand cette cérémonie, qui, d’ailleurs ne prit pas beaucoup de temps, toucha à sa fin, voila le SG de l’Alliance Nationale Républicaine (ANR) qui arrive. Aussitôt, il prend le micro. Comme tout responsable d’un parti politique se voulant du camp d’opposition, M. belkacem Sahli a signalé l’échec de la politique algérienne menée depuis 1962 à ce jour. L’orateur expliquera l’échec par «l’irrationalité » dans la gestion et l’absence « de patriotisme et de nationalisme» de ceux qui avaient pris les leviers de commande. Mr Belkacem Sahli s’attaquera également au trio islamiste formé autour de l’«Algérie Verte ». Il ira jusqu’à les accuser presque de « haute trahison » en préférant leur « drapeau vert » à l’emblème officiel algérien. Le SG de l’ANR accusera les dirigeants algériens de « lâcheté » en révélant que lors des révoltes arabes (Libye, Syrie, Egypte), ils (dirigeants algériens) avaient cru que le mouvement de révolte allait toucher l’Algérie et, par conséquent, certains se sont tenu prêts à quitter le pays.

Ensuite, il présentera son parti. A cet effet, l’orateur ne manquera pas de souligner « le courage » de Rédha Malek qui a créé l’ANR en 1998, soit au moment de la grande violence terroriste. Biensûr, le successeur de Mr Rédha Malek à la tête du parti trouvera l’occasion de dénoncer les dégâts causés par le terrorisme au cours de cette décennie noire. M. Belkacem Sahli dira qu’il y a eu beaucoup de morts en Algérie. Dans ce contexte précis, il avancera le chiffre de 200.000 morts. En clair, pour le responsable de l’ANR, seules les victimes du terrorisme sont reconnues et à reconnaître comme telles. A ce moment, une
voix s’élève parmi l’assistance : « Et les 126 martyrs kabyles ? ». Comme piqué par une guêpe, M. Belkacem Sahli rétorque aussitôt : « J’en arrive ». Nos lecteurs doivent retenir ceci : Le SG de l’ANR a bien dit : « J’en arrive ». Eh bien, il ne reviendra jamais sur les événements sanglants du Printemps Noir. En revanche, Mustapha Mazouzi parlera de toutes ses « tripes » des assassinats des enfants kabyles lors du printemps 2001.

En prenant le micro à son tour, bien qu’il eut informé l’assistance de son « mal de gorge, Mustapha Mazouzi criera haut et fort durant toute la durée de son intervention. Il commencera par dire qu’« aujourd’hui, nous allons dire toute la vérité». Est-ce une stratégie pour inciter l’assistance à l’écouter ou bien il comptait dire cette vérité ? Nous le saurons plus tard. En tout cas, la tête de liste de l’Initiative Citoyenne a commencé par expliquer les raisons de sa participation ainsi que celles de ses camarades. « Croyez-vous que le RND, le FLN et le MSP défendront la Kabylie ? », souligne l’orateur. Une interrogation qui se veut aussi une affirmation. Ensuite, Mustapha Mazouzi rend hommage aux détenus du Printemps 1980 et les martyrs du Printemps Noir. « C’est grâce aux martyrs de 2001 que tamazight est aujourd’hui langue nationale et non pas au MSP ». L’orateur trouvera là une occasion de jeter la première pierre dans les camps du FFS et du RCD. Pour la tête de liste de l’Initiative Citoyenne, les députés du FFS et RCD étaient dans le tort en refusant de participer à l’opération de vote au sein de l’hémicycle Zirout Youcef concernant l’article consacrant tamazight langue nationale. « L’ancienne APN (celle dont le mandat vient d’expirer) est une véritable passoire », dénonce l’orateur pour dire aussitôt après qu’«un député a tué un citoyen et un autre a giflé un policier à l’aéroport ». Ces affirmations ont été formulées sous forme d’interrogations aussi. Toujours à propos des « griefs » retenus contre les deux partis politiques kabyles (FFS et RCD), Mustapha Mazouzi les accusera de n’avoir manifesté aucun intérêt pour la Kabylie. Il leur imputera même la responsabilité de la « clochardisation » de la politique en Kabylie. « c’est très simple : quand le RCD participe à l’élection, le FFS boycotte et quand le FFS y participe, le RCD boycotte », souligne l’orateur et qui signifie le constat suivant : par leurs guéguerres, le FFS et le RCD ont empêché la Kabylie de se former en un groupe homogène.

Après en avoir fini avec les deux partis politiques kabyles, la tête de liste de l’Initiative Citoyenne s’attaque à l’ex-Alliance présidentielle. « C’est une honte que le RND, le FLN et le MSP soient présents à Tizi-Wezzu », a-t-il crié. A propos du secrétaire général du RND, Mustapha Mazouzi dira : « Lors de sa venue à Tizi-Wezzu (le meeting animé à la maison de la culture Mouloud Mammeri), Ahmed Ouyahia a déclaré que le gouvernement a fait bénéficier la wilaya de Tizi-Wezzu de 24.000 logements. Où sont donc ces logements ? C’est faux ! Aucun logement n’a été donné pour cette wilaya. Je dis à Ouyahia que vous êtes un menteur ! ». Quant au secrétaire général du FLN, la tête de liste de l’Initiative Citoyenne qui avoue « peser ses mots » le qualifiera de « terroriste ». « Abdelaziz Belkhadem, continue Mustapha Mazouzi, crie à celui qui veut l’entendre que la Kabylie a bénéficié de 7.800 milliards ». « Et alors ? Est-ce la charité », dénonce d’abord la tête de liste de l’Initiative Citoyenne pour crier encore : «La Kabylie a assez donné pour l’Algérie ; Maintenant, c’est à l’Algérie de donner pour la Kabylie ! ».

La prochaine diatribe, l’orateur la réservera pour le pouvoir ; cette puissance arlésienne. En effet, Mustapha Mazouzi accusera le pouvoir d’avoir sciemment laissé la Kabylie dans l’indigence économique et infrastructurelle. L’argument avancé par les pouvoirs publics selon lequel il n’y a pas d’assiettes foncières pour accueillir des infrastructures, la tête de liste de l’Initiative Citoyenne le jugera irrecevable. « Comment se fait-il, clame l’orateur, lorsqu’il s’agit de construire des commissariats, des sièges de brigades de gendarmerie ou des pénitenciers, on ne trouve aucune difficulté à trouver des terrains ? ». « Par ailleurs, continue Mustapha Mazouzi, les prix proposés à l’achat de terrains auprès des particuliers sont toujours inférieurs à la fourchette réelle d’où la réticence des citoyens à céder leurs terrains ». « Non, s’insurge, encore une fois la tête de liste de l’Initiative Citoyenne, la Kabylie a besoin d’autre chose que les brigades de gendarmerie, de commissariats de police ou de pénitenciers ! ». Revenant ensuite à sa mission au cas où l’électorat de Tizi-Wezzu l’enverra à l’hémicycle Zirout Youcef, Mustapha Mazouzi dira : « Moi, je me limiterais à ma mission de député, c’est-à-dire légiférer et veiller à la stricte application de la législation ».

Concernant tamazight, l’orateur a promis que son « officialisation » sera l’une de ses missions prioritaires. Pris par l’engrenage du verbe, la tête de liste de l’Initiative Citoyenne affirmera que le rôle du député est d’être toujours aux côtés des citoyens. Et pour mieux se faire comprendre, il citera l’exemple que voici : « Si la population sort dans la rue et allume les pneus, je serai moi aussi dans la rue à ses côtés ».

Et pour terminer, Mustapha Mazouzi décide une nouvelle attaque contre le trio formé contre le FLN, le RND et le MSP. « Si vous ne voulez pas voter en faveur de l’Initiative Citoyenne, votez au moins en faveur des démocrates ! », conclut-il.