Na Wizna au Canada
2e partie : Tifinagh, BRTV et Amara Ben Younes

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Na Wizna au Canada
Na Wizna au Canada

Chronique Tamuɣli n Da Amar (Tamurt) – Na Wizna a, de toutes évidences, quitté précipitamment la mascarade de la fédération des « Amazighs » de l’Amérique du Nord. En rentrant chez ses amis, une de ses connaissances de la ville de Québec, l’informe que le Forum des Kabyles de cette ville offrira des cours de « tamazight » (la langue kabyle en enlevant le masque) en septembre 2016. Une décision a été prise à « l’unanimité » d’utiliser les caractères Tifinagh enchaîne cet habitant de la Vieille Capitale.

Quelle prouesse hurla de désolation Na Wizna !

Ignorez-vous que le kabyle est enseigné depuis 1995 dans toutes les écoles et les universités de Kabylie, à la Mammeri, en caractères latins ?

Savez-vous qu’il n’existe aucun livre écrit en Tifinagh en Kabylie, alors que des dizaines sont publiés chaque année en caractères latins ?

Écœurée par cette absurdité de trop, Na Wizna décide de renter promptement en Kabylie pour épauler les militants du MAK en cette période décisive.

N’est-ce pas Matoub Lounès qui disait Tidett attan di Tmurt-iw ?

Toujours ponctuelle, Na Wizna aime bien dire en anglais Time is money (le temps c’est de l’argent). Pendant que les Algériens prient le Ciel à 8 000 mètres d’altitude, Na Wizna profite des 8 heures de vol à bord de la compagnie privée des enfants de la nomenklatura du Club des pins, Air Algérie, pour lire et regarder des vidéos enregistrées la veille. C’est ainsi qu’elle tomba par hasard sur le récent passage d’Amara Ben Younes à BRTV.

Vous-vous souvenez d’Amara Ben Younes avant sa mutation en ignominieux larbin de son excellence sans honte ni vergogne ?

Il était numéro 2 du RCD et dénonçait théâtralement à l’assemblée algérienne la fraude électorale de 1997. C’est lui aussi qui a eu « le culot » sous instigation du plus célèbre « déserteur » de l’armée française, de rappeler le passé peu glorieux de Bouteflika et de le qualifier du plus grand voleur du siècle en 1999.

na wizna
Tifinagh, BRTV et Amara Ben Younes

Éjecté du RCD pour une affaire de « gros sous » selon la direction du parti, Amara Ben Younes obtient l’autorisation d’éditer un journal en Kabylie et essaye d’échafauder un parti politique.

Quelques années plus tard, le patron de « la débauche de Kabylie », qui n’arrive même pas à vendre 100 exemplaires de son torche-cul, est devenu grâce à la potion magique des pharmaciens de Ben Aknoun, le leader de la 3e force politique algérienne. Un ramassis d’opportunistes, qu’on a regroupé au sein d’un parti fantoche, sans projet, ni base militante ou cadres dirigeants.

Amara Ben Younes qui fréquentait au bon vieux temps, Matoub Lounès, Rachid Tigziri, Said Sadi, Ferhat Mhenni et Mustapha Bacha, est devenu l’héraut de Bouteflika et l’acolyte d’Amar Ghoul et d’Amar Saidani pour quelques dollars de plus !

Baptisé ministre de la bière par les islamistes, Si Lamara a été jeté du gouvernement, comme une couche pourrie, par un bouffon comme Sellal. Son poste est aussitôt comblé par un brillant universitaire, Ould Ali El Hadi (Bac + 0), dans le quota très restreint réservé aux Kabyles de service.

Tous ces faits se sont évaporés de la mémoire très sélective de l’unique et « fatigué » animateur du « groupe » BRTV ! Tellement unique, qu’on le voie à Paris, Lausanne, Londres, At-Yanni, Montréal, Tasaft Izarman, Alger, Tanger et pourquoi pas à Cape Canaveral dans la région de Space Coast pour un voyage dans l’espace ?

Son microphone est toujours ouvert aux kabyles de service, aux maires, aux chasseurs de perdrix, aux chanteurs, aux restaurateurs, aux « antiquaires » des marchés aux puces de Montreuil et de Larba At-Wassif, mais jamais à Mass Bouaziz Ait-Chebib, président du MAK !

Craint-il les foudres de son boss, apparemment allergique à l’autodétermination du peuple kabyle contrairement à la position très honorable de son ami Yidir ? C’est vrai que c’est beaucoup plus confortable d’être invité par «nos amis Français» au somptueux Hôtel de ville de Paris et discourir sur le passé glorieux des « gladiateurs berbères », que de participer à l’œuvre salvatrice, mais combien exigeante, d’édification d’un État propre aux Kabyles.

Néanmoins, l’hospitalité à ses limites. Ces mêmes Français rappellent, aux bons entendeurs, que mieux vaut un petit chez-soi qu’un grand chez-les-autres ! Inspirons-nous de Fadhma At-Mansour, mère de Jean et Taous Amrouche. Bien que naturalisée française, elle avoue dans Histoire de ma vie : « Je suis toujours restée la kabyle, jamais, jamais, malgré les quarante ans que j’ai passés en Tunisie, malgré mon instruction, foncièrement, française, jamais, je n’ai pu me lier, intimement, ni avec des Français ni avec des Arabes ».

Depuis sa création au début des années 2000, BRTV s’est spécialisée dans le folklore, les émissions de « Slam Fella-wen » et l’organisation des spectacles de danse. Le marché est tellement lucratif, qu’on a traversé Manche et Atlantique et qu’on annonce « Baba Cheikh » en grande pompe à l’Olympia-cus !

En plus de la qualité ordinaire de l’image, du son et des décors, la transcription de la langue kabyle semble être le cadet des soucis des responsables de cette chaîne. La quasi-totalité des titres et des génériques de ses émissions est écrit en français.

Ancienne élève des Sœurs Blanches d’Ighil Ali, Na Wizna ne badine jamais avec la rigueur et le travail journalistique rondement mené. Elle pense, que seul un expert-comptable ayant pignon … derrière la plus belle avenue du monde, est habile à faire marcher un « groupe de presse » avec une seule personne. Une sorte de « Jack of all trades » comme disent les Anglais !

Comme le hasard fait parfois bien les choses, pendant que Na Wizna visionnait le passage où l’ex gendre du caporal Nezzar se foutait grossièrement des kabyles, en affirmant que tamazight a bel et bien avancé et qu’elle est réellement une langue officielle en Algérie, elle entend le chef-steward s’adresser aux voyageurs du vol Montréal-Alger d’Air Algérie, en arabe, en français et en …anglais.

Sacré Amara !

Lire aussi la 1ère partie du voyage de Na Wizna au Canada

Amar At-Ali-Usliman