Nadia Matoub a remporté la bataille : La maison de Matoub ne sera pas récupérée par le pouvoir

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KABYLIE (Tamurt) – Après s’être battu toute seule contre la récupération, par le pouvoir, de la maison de Matoub Lounes afin de la transformer en « patrimoine culturel national », Nadia, l’épouse du Rebelle a finalement remporté la bataille. La décision de classer la demeure du Rebelle, sise au village Tawrirt Moussa, dans la région d’Ath Douala, a été officiellement suspendue.

Il est clair qu’une telle mesure est prise au plus haut niveau de l’Etat algérien même si c’est la direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou qui a communiqué la décision officielle à Nadia Matoub. Cette dernière, pour rappel, s’est opposée de manière ferme à la décision de classer la maison de son mari comme patrimoine dès qu’elle eut été annoncée par voie de presse. Nadia Matoub, qui est pourtant la personne la plus proche du Rebelle, n’a même pas été associée à ce projet qui consiste en réalité à extraire ce lieu symbolique, Mecque de tous les kabyles et des berbères d’Algérie et d’ailleurs, aux fans du Rebelle. Et de le remettre entre les mains de ceux que Matoub n’avait pas cessé de combattre tout au long de sa longue lutte, aussi bien à travers ses chansons que dans ses actions de militantisme sur le terrain. Un combat que Matoub Lounes a payé de sa vie, le 25 juin 1998.

On ne peut pas parler de cette affaire de classement de la maison de Matoub comme patrimoine sans rappeler que le pouvoir algérien a eu l’aval absolu de Malika Matoub, sœur du grand artiste, qui préside la Fondation Matoub depuis dix-neuf ans. En effet, le pouvoir s’est appuyé sur l’accord et le feu vert que Malika Matoub lui a donné afin d’avoir le courage de persévérer dans cette initiative malsaine qui constitue une véritable trahison de la mémoire du Rebelle qui était allergique à tout ce qui symbolisait le pouvoir algérien, qui a privé des millions de berbères de leur langue maternelle. Fort heureusement, Nadia Matoub n’est pas tombé dans ce piège et elle demeure fidèle à l’esprit de son époux. Ce qui fait d’elle une digne héritière du symbole des amazighs du monde entier et des kabyles, bien entendu. Rappelons qu’en contre partie des concessions et des compromis que la Fondation et Malika Matoub font au pouvoir, ce dernier attribue régulièrement des subventions à ces derniers. Malika Matoub avait même appelé, en direct sur la télévision algérienne, à aller voter pour la loi sur la concorde civile qui blanchit les terroristes de tous leurs crimes abjects.

Tahar Khellaf