Nadia Matoub : Hommage aux martyrs Ait Idir, Salhi et Ouali

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Nadia Matoub
Nadia Matoub

KABYLIE (Tamurt) – On ne parle que rarement sinon jamais des trois martyrs tombés en Kabylie au lendemain de l’assassinat de Matoub Lounès durant l’été 1998. C’est une chose rare de voir une personnalité rendre un hommage public à ces trois martyrs lors d’une rencontre ayant réuni de centaines de personnes, tous épris de justice, de modernité et restés fidèles au vrai combat de Matoub que certains tentent de travestir. C’est ce que vient de faire, avec courage, Nadia Matoub qui lutte de toutes ses forces contre l’oubli et la trahison, très en vogue en Kabylie ces derniers temps, faut-il le rappeler.

« Ait Idir Rachid, Ouali Hamza et Salhi Redouane, nous ne vous oublions pas », clame, avec conviction et détermination, Nadia Matoub. Cette dernière ajoute : « Le 25 juin 1998, Lounès est assassiné. La violence du choc a provoqué des émeutes en Kabylie, la jeunesse est sortie crier sa douleur dans la rue et trois jeunes innocents furent tués par balles : Ait Idir Rachid, tué le 27 juin 1998 à l’âge de 18 ans ; Ouali Hamza, tué le 28 juin à l’âge de 17 ans et Salhi Redouane, tué le 27 juin 1998 à l’âge de 22 ans. On leur a refusé la justice et on a imposé à leurs familles la souffrance dans le silence ».

La veuve du rebelle ajoute en outre : « Mes pensées les plus attristées vont en ce jour à Ait Idir Rachid, Ouali Hamza, Salhi Redouane et leurs familles. Arrachés à la vie par la violence armée des forces de l’ordre algériennes, ils sont partis sans un au revoir à leurs familles, sans comprendre que leur jeunesse s’arrêterait là. Leurs familles connaîtront les jours les plus sombres jamais imaginés ».

Nadia Matoub, également présidente de l’Association « Matoub-Lounès, Mémoire et Transmission » souligne : « Martyrs par amour pour Lounès, par amour pour la liberté, par contestation de la violence armée, ils demeureront les enfants chéris de la Kabylie ». L’oubli officiel, indique Nadia Matoub,  n’entamera point notre mémoire, l’histoire se souviendra de nos enfants qui ont payé de leur vie leur amour de la liberté : « Nous ne les avons jamais oubliés. Nous ne les oublierons jamais ».

Tahar Khellaf