Pour nos poètes Ait Menguellet, Yidir, et d’autres… Après la tempête de dénigrement vient le calme, parlons-en !

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AIT MENGUELLET ET IDIR

KABYLIE (Tamurt) – Petit poème écrit à la hâte, par un non poète pour nos grands: Lounis, Yidir, Takfarinas et tous les autres, qui ont toujours contribué à la sauvegarde de notre culture et terroir, vue la salve de feu autodestructrice qu’ils reçoivent des leurs, qui se complaisent dans l’anéantissement de leurs propres symboles identitaires.

– Thadhfarth b’widh ur n’sin, Ur n’tsmèyiz thimsal.
– Ur farnèn thikkthiwin, ur sinèn azal.
– Ur mètslèn amslay, ur safayèn awal.
– Ur farrzzèn thidhyanin, ur tsfaqèn i thfukkal.
– Ur lèmdhèn gg’ayèn iddran, thamusni nsèn am ufal.
– Ur cefun f ig 3adan fèlasèn yèzga w’zaylal.
– Ur snusuyèn isufa, smèntiggèn i’thmès m’ad’lal.
– Rènun ghar thama y’ssèhan, ghas akèn èzzran thmal.

De grâce, corrigeons nos façons de voir! Evitons de faire des jugements à la hâte sur tel ou tel.
Ne nous trompons pas d’ennemis, restons unis, faisons preuve de sagesse et de clairvoyance. Autrement, comme dit Lounis  » Ils trouveront toujours quelque manigance avec laquelle ils nous auront!  »’L’agh ts’nadhin ajdhidh is adhagh tt’fèn ».!

Certes, Lounis aurait dû décliner l’invitation des autorités de Tizi-Ouzou, lors de la visite présidentielle; mais ne faudrait-il pas penser que les hautes sphères ont eu recours à ceux au service de leur conservatisme, avec l’aide de pseudos représentants de la culture amazigh, qui ont dû faire un travail de préparation en douce pour tout orchestrer.
Ne faudrait-il pas penser que Lounis lui même regrette de ne pas avoir déjoué le subterfuge à l’avance.
Quant à l’applaudissement du président, ça c’est une autre histoire que le commun des mortels ne comprendrait pas sans avoir lu le travail de Gustave LEBON, intitulé : »Psychologie des foules ». Recours aux années fac sciences-po, pour expliquer cela.

Gustave LEBON montre dans cet ouvrage que le comportement d’individus réunis n’est pas le même que lorsque les individus raisonnent de manière isolée.
En somme, Gustave LEBON dans son oeuvre, explique qu’une foule d’intellectuels est  bien l’égale d’une foule d’ignorants; toutes deux ne sauraient faire preuve de bon sens, parce que toutes deux réagissent par instinct et sont incapables de bon raisonnement. C’est le principe de l’instinct de la foule…
Donc :« Une foule est beaucoup moins déterminée par les croyances des individus qui la constituent. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’intelligence moyenne des individus qui constituent la foule ne change pas grand-chose à ses actions, réactions et décisions ».
Si l’on raisonne au niveau de l’individu, l’individu en foule acquiert des caractères que l’on ne trouve que dans l’état de foule, à savoir :En primo « l’irresponsabilité de l’individu, car du fait du nombre, étant en foule, il est noyé dans la masse. En deusio: La contagion par sympathie aux autres, et en fin en tertio: La suggestibilité, puisque l’individu faisant partie de la foule voit sa conscience s’évanouir, au même titre que celle d’un hypnotisé. Il n’a plus d’opinions, ni de passions qui lui soient propres ».
C’est « L’évanouissement de la personnalité consciente, prédominance de la personnalité inconsciente, orientation par voie de suggestion et de contagion, tendance à faire comme les autres, tels sont les principaux caractères de l’individu en foule. Il n’est plus lui-même, il est devenu un automate que sa volonté ne guide plus ».
Lounis s’est donc retrouvé dans une foule, et mis en avant par ceux qui par le biais des hautes sphères ont été chargés de la mise en scène, pour le mettre en exergue et pour la suite, la mécanique s’est déroulée en obéissant aux réflexes de la foule. Tout le monde s’est donc levé en salle pour le président, et instinctivement toute la foule a applaudi…
Nul n’a donc le droit de le juger en tant qu’individu dans la foule, puisque la foule s’impose à tous. Lisez Gustave LEBON sur le net, concernant  »Psychologie des foules » et vous comprendrez davantage.
Par la suite, les metteurs en scène spécialisés dans le travail de sape ont tenté de refaire le coup à Lounis, et cette fois-ci associé à Yidir, dans l’affaire de l’ONDA pour attirer sur eux les foudres…
Et à qui le tour, Lounis disait: » Ay mazal anzar wis kan madh yighzif la3mar »,  »ils ne renonceront pas, ils auront recours à d’autres manigances, puisse-t-on juste être vivants pour nous en rendre compte ».
Pourtant, le poète nous dit aussi:  »kulci nètswalith nègguma n’ ècfu », »nous distinguons tout, notre mémoire nous fait défaut, elle est ravagée par l’oubli et nous ne retenons point les leçons ».
Il nous dit encore:  »nuggi an ar addar am akn ur nèzri »,  »nous ne voulons pas nous corriger, comme si nous ignorions les faits ». Et là nous dit-il: » aurions-nous mangé l’herbe de l’oubli, au point de ne plus vouloir nous souvenir », » nètca lèhcic n’tathuth nugg’an ècfu ».

Alors, souvenez-vous que pour le prince de Machiavel, Lounis a été le premier à nous  transmettre les pratiques, dans son oeuvre : » Aka ammi ara-th’ughalèdd dh’aqarru ». C’est le poète à travers qui le profane comprend la conduite inspirée par une ambition sans scrupules.

Lounis, ce ciseleur de verbes qui par de simples mots, le simple citoyen a été invité pour saisir que dans notre pays le pouvoir a recours aux principes d’action, sans scrupule moral, où la fin justifie les moyens, ainsi la notion de machiavélisme.

Et à ceux qui oublient et se précipiteraient pour prononcer encore des jugements hâtifs, sur tel ou tel; n’oubliez pas que  »Thalafsa » le monstre tentaculaire des légendes Amazigh pourvu de sept têtes, cherchera à nous trouver de nouvelles stratégies pour nous berner.  »L’agh ts’nadhin ajdhidh is adhagh tt’fèn ».

 »Le monstre fera toujours en sorte de diversifier les condiments, pour que nous ne puissions pas faire l’analyse et ne pas pouvoir reconnaître le goût de la sauce. Il saura d’ailleurs toujours allécher certains des nôtres qui ont émergé en porte drapeau, en leur taillant de beaux costumes, il leur accrochera de belles médailles, en leur promettant des postes de responsabilité… ».  »A dhaca ghèd ssègmèn ad xiddèn akustim adh agh thèsèlsen dhi thèsgga n’èqim, dhi thèsgga n’qim ac’ hal ancvèh agh arnun afzim iwak’n an frah ».

 »Et à nous qui sommes conscients, qu’il ne nous reste qu’un pion à jouer, c’est bien l’atout que représente notre chère culture. C’est elle qui nous unit (nous les Amazigh) dans les moments difficiles, malgré nos petites divergences, alors gardons nous de l’exposer aux pierres de leur meule, sinon c’est l’occasion pour eux de nous la briser. Alors, gardons nous d’oublier que nous ne devons pas la marchander, car elle n’est ni à hypothéquer, ni à vendre ».  » awidh i faqèn a yèggrad yiw’n l’qaf, dh’idhlès aghlayèn dhi ttiq ith nètsaf, dhi ttiq ith n’ètsaf hadhrèth wa th’yèrèn ar gh’ggri ghuraf ak’n adha gh’thèrrzzèn ».

En effet, nos poètes ont subit la tempête de dénigrement par certains, qui se sont vite échauffés, après avoir mordu à l’hameçon des manipulateurs. Nous leur dirons: (dicton kabyle) :  »èggmakk ak yèffèzz ur k y’èsvla3 ara », à savoir:  »Certes certains de vos frères vous ont mâché, mais ils n’iront pas jusqu’a vous avaler », puisqu’ils sont sensés comprendre qu’ils doivent dresser un rempart contre les tentatives d’extinction programmée de leur culture.

Matoub Lounès et Yidir n’ont pas manqué de nous rappeler ce sur quoi nos ancêtres les amazigh ne lésinaient pas, à savoir:  »Gardons-nous de lâcher (de faire tomber) le tambour dans l’eau ».  »Ghur wath wi g’varun i-ttvèl dhèg-waman », car chez nous:

Le Léviathan de Hobbes a tendance à laisser les hommes obéir à leur  droit naturel. Il s’en fout du fait que « l’homme est un loup pour l’homme » ou qu’il y ait « guerre de tous contre tous » .

Alors, rendons hommage à Ait Menguellet, à Yidir… et à tous ceux qui par la poésie, la musique, le théâtre, la peinture et toutes autres formes d’expression artistique, préservent et développent notre culture amazigh.

Je salue au passage notre grand artiste Ali Amrane, pour son intervention au journal El Watan, son bon sens et pour ce qu’il apporte par son style nouveau à notre culture.

Azzedine BOUKACI.